Un Japonais remporte le concours de chefs d'orchestres de Besançon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/09/2011 à 19H18
Yuki Kakiuchi, lauréat du Concours des chefs d'orchestre de Besançon (23/09/2001)

Yuki Kakiuchi, lauréat du Concours des chefs d'orchestre de Besançon (23/09/2001)

© AFP / Jeff Pachoud

Yuki Kakiuchi, 30 ans, a remporté le 23 septembre la 52e édition du concours biennal organisé à l'occasion du Festival international de Musique de Besançon. Il succède à un compatriote, Kazuki Yamada, vainqueur en 2009.

La compétition attire non seulement les candidats, mais aussi -et surtout- des professionnels très attentifs : directeurs artistiques et agents à l'affût de jeunes prodiges de la direction d'orchestre. Le 23 septembre à Besançon, ils étaient une trentaine à être présents pour la finale.

"Les grands chefs sont désormais âgés, certains agents viennent chercher un chef pour renouveler leur cheptel", a expliqué à l'AFP Claude Boischot de l'agence allemande Konzertdirektion Schmid, qui s'occupe de la carrière de Kazuki Yamada, lauréat 2009. "Ils s'intéressent évidemment au lauréat, mais aussi aux autres candidats, souvent très bons." Le manager suit en effet depuis quelques années la progression du Hongrois Gergely Madaras, l'un des trois finalistes cette année. "Si une perle rare émerge, personne ne veut passer à côté." Surtout s'il s'agit d'un jeune artiste : "Le monde de la musique évolue et essaie d'attirer un public plus jeune, ce qui passe aussi par l'engagement d'artistes moins âgés."

"Des pays comme la Chine ouvrent de plus en plus d'orchestres, il y a un appel d'air pour les jeunes chefs", renchérit Marco Parisotto, directeur musical de l'Ontario Philharmonic, au Canada, qui fut par ailleurs lauréat du Concours 1997. Aujourd'hui, il revient à Besançon pour "repérer les meilleurs candidats, observer leurs qualités sur scène, ce qu'ils proposent et transmettent au public". Avec une idée précise en tête : "Nous allons sûrement inviter le lauréat à venir diriger notre orchestre, donc pendant les différentes épreuves et les répétitions, j'ai observé quel genre de répertoire correspond à quel finaliste, pour savoir quelle oeuvre je pourrai proposer au vainqueur."

Parmi les lauréats les plus célèbres du Concours de chefs d'orchestre de Besançon, figure le Japonais Seiji Ozawa, lauréat en 1959. Depuis, d'autres noms se sont ajoutés à cette liste, comme Lionel Bringuier en 2005, qui a été recruté peu de temps après par le célèbre Esa-Pekka Salonen au poste de chef assistant à l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles.

137 participants, 42 pays représentés... et une femme
Créé en 1951, le concours, qui avait lieu tous les ans, est devenu biennal en 1992. Cette année, le vainqueur Yuki Kakiuchi s'est imposé devant 19 candidats, choisis parmi quelque 137 participants de 42 nationalités, présélectionnés à Pékin, Berlin, Montréal et Besançon. Il a gagné un prix de 12.000 euros et, surtout, l'assurance de diriger une vingtaine d'orchestres de renom, partenaires du festival.

La seule femme du concours, la Grecque Stamatia Karampini, est arrivée troisième. Le président du jury, Sir Andrew Davis, directeur musical de l'Opéra de Chicago, a salué son "incroyable instinct musical" et sa "force d'improvisation".