A l'occasion du bicentenaire de la naissance de G. Verdi, découvrez "Le bal masqué" aux Chorégies d'Orange.
France 2 propose un spectacle exceptionnel en direct du Théâtre antique, dans le cadre des Chorégies d’Orange.

Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi.
Livret d’Antonio Somma d’après le livret d’Eugène Scribe pour l’opéra d’Auber Gustave III ou le Bal masqué.

A l'occasion du bicentenaire de la naissance de Giuseppe Verdi, et pour la première fois aux Chorégies d’Orange, découvrez l’un de ses plus fameux opéras : "Le Bal masqué". Présenté par Jean-François Zygel, en direct du Théâtre Antique.

Aux origines du bal masqué...

L’assassinat du roi de Suède Gustave III lors d’un bal masqué en 1792 au théâtre royal de Stockholm donna d’abord lieu  à un opéra de Daniel François Esprit Auber, Gustave III ou le Bal masqué, sur un livret d’Eugène Scribe (Paris, 1833) qui connut un vif succès suscitant des imitations, l’une de Vincenzo Gabussi, La Clemenza di Valois, livret de Gaetano Rossi (Venise, 1841) dont l’action se déroulait au XIIIème siècle en France au temps des Croisades, l’autre de Giuseppe Saverio Mercadante, livret de Salvatore Cammarano qui s’inspirait de celui d’Auber mais intitulé Il Regente (Turin 1843), qui se passait en Écosse. Ce tragique événement qui avait fait sensation donna lieu également à des ballets dont celui de Louis Henry représenté lors du Carnaval de Milan en 1830.

Après avoir abandonné l’idée de composer un Roi Lear d’après Shakespeare faute d’avoir trouvé une distribution de chanteurs adéquate, Verdi proposa, fin 1857, au Théâtre San Carlo de Naples, de mettre en musique le livret de Scribe adapté par le librettiste italien Antonio Somma. Le thème était universellement connu et le théâtre donna son accord. C’était sans compter avec la censure qui, à Naples, était des plus sourcilleuses. À sa demande, Somma et Verdi se livrèrent à de multiples modifications du livret pour aboutir à un opéra intitulé Una vendetta in domino (Une vengeance en domino) qui s’écartait déjà sensiblement du projet initial ; le manuscrit fut remis à la censure début janvier 1858. Mais le 13 janvier de cette même année, le patriote italien, d’obédience mazzinienne, Orsini, fomentait un attentat contre Napoléon III, ce qui incita le préfet de Naples à exiger une réécriture complète du livret, ce à quoi Somma et Verdi se refusèrent. Ce fut finalement le Teatro Apollo de Rome où, curieusement, la censure était plus souple et plus conciliante qu’à Naples, qui accueillit un an plus tard l’opéra de Verdi sous le titre
Un Ballo in Maschera (Un bal masqué). Il n’était plus question de mettre en scène l’assassinat d’un roi, mais celui d’un gouverneur britannique siégeant à Boston au temps de Charles II d’Angleterre au XVIIème siècle. Plus que la vérité historique, ce qui importait à Verdi, c’étaient les caractères et la psychologie des personnages mis en scène. La création fut un véritable triomphe : Verdi et les créateurs de l’œuvre  furent rappelés vingt fois pour le salut final et le public vit immédiatement dans Riccardo, comte de Warwick, gouverneur de Boston, comme l’incarnation de ce souverain "éclairé" que Victor-Emmanuel II, roi de Piémont Sardaigne, pourrait devenir pour l’Italie unifiée. Et l’on vit fleurir sur les murs de nombre de cités italiennes le slogan "Viva V.E.R.D.I." "Viva Vittorio-Emanuele Re d’Italia", le nom du compositeur étant associé dès lors au mouvement unitaire italien en marche. Le Royaume d’Italie devait voir le jour du reste l’année suivante…


L'histoire...

L’action de cet opéra se déroule à Boston à la fin du XVIIème siècle. Le gouverneur Riccardo, comte de Warwick, étudie en compagnie de son page et secrétaire Oscar la liste des invités au bal masqué qui aura lieu bientôt, parmi lesquels figurent la femme qu’il aime, Amelia, l’épouse de son ami Renato, celui-là même qui l’avertit d’un  complot fomenté contre lui et auquel Riccardo ne croit guère ; il se refuse en outre à exiler une magicienne, Ulrica, dont on lui a dit du mal et qu’il se propose au contraire de visiter avec sa cour.

Dans son antre, Ulrica se livre à des prédictions : c’est ainsi qu’elle annonce à Silvano, fidèle marin au service du gouverneur, qui n’a jamais été récompensé, une prochaine promotion qui se produit en effet, Riccardo ayant glissé dans la poche de son marin une bourse et un brevet le promouvant ! Étonnement de l’assistance !
Cependant, Amelia demande à Ulrica, dans l’intimité, de lui fournir le moyen de se débarrasser d’un amour impossible : une herbe poussant au pied d’un gibet peut l’en délivrer selon la magicienne. Riccardo qui a entendu ce conseil décide de se rendre le soir même au pied du gibet pour retrouver celle qu’il aime.

Auparavant, Ulrica a prédit la mort de Riccardo qui sera tué, annonce-t-elle, par un ami, le premier de sa cour qui lui serrera la main, ce que fait Renato qui vient de rejoindre la cour. Les vrais comploteurs ne manquent pas de se réjouir de cette prédiction inattendue et fallacieuse. Le soir même, Amelia se rend au pied du gibet et y rencontre Riccardo ; ils échangent des serments d’amour quand survient Renato qui veut protéger son ami des conjurés qui approchent. Amelia s’est voilée ; Riccardo la confie ainsi à son ami et s’enfuit ; les conjurés surgissent et exigent de voir le visage de la femme que protège Renato : stupeur et rage de ce dernier lorsqu’il reconnaît son épouse ; éclat de rire colossal des conjurés.

Renato souhaite alors la mort d’Amelia qui lui demande un délai pour faire ses adieux à leur fils. Réflexion faite, Renato décide, pour se venger, de s’associer aux conjurés - ils sont deux - pour éliminer Riccardo. Amelia est priée de désigner le meurtrier en tirant son nom au sort : le sort désigne Renato. Amelia veut prévenir Riccardo de l’attentat qui devrait se dérouler durant le bal masqué prévu le soir même. Un message anonyme prévient Riccardo du danger qui le menace, mais celui-ci reste bien décidé à présider cette manifestation festive.

Durant le bal, le page Oscar révèle étourdiment et malencontreusement à Renato sous quel costume se cache Riccardo qu’il peut alors frapper, réalisant la prédiction de la magicienne Ulrica. Riccardo, magnanime jusqu’à la mort, pardonne dans un souffle ultime à son ami meurtrier, pleure son peuple qui le pleure à son tour.


La critique...

Le sujet est assez rocambolesque et la critique fut désarçonnée par le traitement qu’en donna Verdi : une histoire tragique qui revêt pourtant, par moments, des allures d’opéra-bouffe ! Sujet ambigu en effet que ce bal masqué où un amour impossible - en tout cas interdit - vient briser une amitié. Tous les ingrédients du mélodrame sont ici réunis : amours cachées, amitié trahie, conjuration, mort du héros victime de son amour et de comploteurs infâmes. Il faut pour incarner ce héros, Riccardo, un ténor à la voix solaire, généreux et vaillant ; à ses côtés, en Amelia, une soprano dotée de somptueux aigus mais sachant nuancer en finesse et traduire une émotion vraie ; troisième personnage composant le trio opératique classique, Renato, un baryton qui doit exprimer avec chaleur l’amitié indéfectible, mais aussi la colère face à la trahison et de son épouse et de son ami. Auprès des protagonistes, un soprano léger, Oscar, rôle travesti, et une mezzo-contralto, Ulrica, rôle tragique comparable en plus retenu à l’Azucena du Trouvère. Le tout ponctué de quelques chœurs ou ensembles de belle tenue et fort bien venus et rondement menés. Au total une œuvre surprenante par le ton qu’elle adopte mais d’une spontanéité admirablement calculée : du grand Verdi !

Retrouvez chaque semaine les plus grands musiciens, chanteurs, danseurs, chorégraphes ou metteurs en scène Au clair de la lune, le jeudi sur France 2

Distribution

  • Date 06 août 2013
  • Durée 2h 10min
  • Production Wahoo Productions – Odile Carlotti
  • Réalisation Dominique Thiel
  • Compositeur Giuseppe Verdi
  • Metteur en scène Jean-Claude Auvray
  • Chorégraphe Béatrice Massin
  • Chef d'orchestre Alain Altinoglu
  • Orchestre Orchestre National Bordeaux-Aquitaine
  • Choeurs Choeurs des Opéras de Région , Compagnie Fêtes galantes
  • Scénographie Rudy Sabounghi
  • Costumes Katia Duflot
  • Eclairages Laurent Castaingt
  • Acteurs (+rôles) Kristin Lewis - Amalia, Sylvie Brunet-Grupposo - Ulrica, Anne-Catherine Gillet - Oscar, Ramón Vargas - Riccardo, Lucio Gallo - Renato, Nicolas Courjal - Samuel, Jean Teitgen - Tom, Paul Kong - Silvano

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