Stéphane Degout, sacré aux Victoires, incarne Pelléas à l'Opéra de Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/03/2012 à 14H14
Stéphane Degout aux Victoires classiques, à Paris (20/02/2012)

Stéphane Degout aux Victoires classiques, à Paris (20/02/2012)

© Edmond Sadaka / SIPA

Jusqu'au 16 mars, l'Opéra de Paris présente "Pelléas et Mélisande", de Claude Debussy (1862-1918), à l'Opéra-Bastille, dans une mise en scène de Bob Wilson et une direction musicale de Philippe Jordan. En plus de célébrer le 150e anniversaire de la naissance du compositeur, cet ouvrage donne l'occasion d'entendre sur scène le baryton Stéphane Degout, primé aux dernières Victoires classiques.

Stéphane Degout, 36 ans, natif de Bourg-en-Bresse, installé à Lyon, a été élu artiste lyrique de l'année ("2011", s'entend) lors de la cérémonie de remise des Victoires de la musique classique, le 20 février dernier. Ce musicien élégant, sensible et discret pose les jalons de sa carrière à son rythme, sans emphase ni coup d'éclat. Fin janvier 2011, il a donné son premier récital au Théâtre des Champs-Elysées. A la même époque, sortait son premier enregistrement en solo sur son label Naïve, consacré à des mélodies françaises (Debussy -déjà, notamment).

Stéphane Degout est très attaché à la mélodie et au lied, son pendant germanique, genre musical qui instaure un dialogue intimiste entre un chanteur et un pianiste autour d'un poème mis en musique par un compositeur. Depuis des années, il se fait accompagner par la pianiste Hélène Lucas, qu'il a rencontrée en 1995 au Conservatoire de Lyon.

Stéphane Degout

Stéphane Degout

© Thibault Stipal / Naïve
Révélé par Papageno
Malgré cette prédilection, le baryton rhodanien n'en est pas moins un interprète prisé des grandes scènes lyriques. En 1999, à l'âge de 24 ans, son interprétation de Papageno (dans "La Flûte enchantée" de Mozart) au Festival d'Aix-en-Provence a épaté le public autant que les critiques, lançant sa carrière. Depuis, Stéphane Degout se produit un peu partout, de Lyon à Paris, de Bruxelles à Salzbourg, de Londres à Chicago. Son répertoire lyrique va de Joseph Haydn (1732-1809) à Olivier Messiaen (1908-1992).

"O du mein holder Abendstern", extrait de "Tannhäuser" de Wagner, aux Victoires classiques (20/02/2012)

Stéphane Degout connaît bien "Pelleas et Mélisande", cette histoire d'amour impossible plongée dans un contexte onirique et intemporel, adaptation de la pièce éponyme de Maurice Maeterlinck. Le Pelléas de Debussy fait déjà partie des personnages que le chanteur a abordés. Il l'a interprété en 2009 à Vienne, avec Natalie Dessay, sous la direction de Bertrand de Billy, dans une mise en scène de Laurent Pelly (un DVD existe chez Virgin Classics). Plus récemment, fin 2010, le baryton a incarné une nouvelle fois ce personnage sur la scène du Metropolitan Opera de New York, avec la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená, avec le support de la Philharmonie de Berlin dirigée par l'Anglais Simon Rattle.

Un tandem Jordan-Wilson à la Bastille
A l'Opéra-Bastille, Stéphane Degout travaille avec le chef suisse Philippe Jordan et le metteur en scène américain Robert "Bob" Wilson, dans une co-production (avec le festival de Salzbourg) jouée une première fois en 1997 à l'Opéra Garnier, puis reprise en 2000 et 2004. Le baryton compte parmi ses partenaires la soprano russe Elena Tsallagova (Mélisande), le baryton-basse Vincent Le Texier (Golaud) et la mezzo-soprano suédoise Anne Sofie Von Otter (Geneviève).


"Pelléas et Mélisande" à l'Opéra de Paris
Drame lyrique de Claude Debussy (1862-1918), sur un livret de Maurice Maeterlinck (1862-1949)
Créé le 30 avril 1902 à l’Opéra-Comique à Paris
Co-production de l'Opéra de Paris créée en février 1997 au Palais Garnier
Opéra-Bastille
28 février - 16 mars 2012
Place de la Bastille
75012 Paris
Réservations : 08 92 89 90 90 ou en ligne
"Mélodies", Stéphane Degout

"Mélodies", Stéphane Degout

© Naïve

Stéphane Degout, Hélène Lucas, "Mélodies françaises"
Mélodies de Debussy, Duparc, Saint-Saëns, Chabrier, Hahn, Ravel
CD sorti le 18 janvier 2011 chez Naïve