Placido Domingo coache de jeunes chanteurs lyriques en quête de gloire

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/07/2015 à 13H18
Placido Domingo parle au jeune ténor français Julien Behr, le 17 juillet 2015 au Royal Opera House de Londres.

Placido Domingo parle au jeune ténor français Julien Behr, le 17 juillet 2015 au Royal Opera House de Londres.

© Niklas Halle'n / AFP

Une soprano norvégienne Lise Davidsen et un ténor roumain Ioan Hotea ont remporté dimanche au Royal Opera House à Londres le concours de chant Operalia, lancé par la star de l'opéra Placido Domingo. Le maestro espagnol a créé en 1993 ce concours pour débusquer les nouveaux talents de l'art lyrique.

Davidsen, tout juste diplômée de l'Académie royale d'opéra du Danemark, doit faire prochainement ses grands débuts à l'Opéra de Bavière à Munich dans le rôle d'Ortlinde dans "La Walkyrie" de Wagner. Ioan Hotea a interprété le rôle de Tebaldo dans "Capulet et Montaigu" de Bellini à l'Opéra national de Paris en avril 2014. L'ancien sociétaire de l'Opéra national de Bucarest se glissera dans le costume de Ferrando dans "Cosi fan tutte" à Wiesbaden.

"Le talent seul ne suffit pas"
 

Le concours Operalia est ouvert aux chanteurs de 18 à 32 ans, et reçoit chaque année un millier de candidatures. Quarante chanteurs, présélectionnés sur la base d'enregistrements, s'affrontent jusqu'à la finale. "J'ai toujours eu un intérêt particulier pour les jeunes chanteurs prometteurs, et j'ai beaucoup réfléchi aux énormes difficultés que ces artistes rencontrent quand ils commencent leur carrière", explique Placido Domingo. "Je me suis rendu compte que le talent seul ne suffit pas. Il est également essentiel pour les jeunes chanteurs de susciter l'attention des impresarios, des managers, des directeurs de casting, des chefs d'orchestre".

Operalia, dont le jury est constitué de professionnels du secteur, a permis à d'anciens lauréats, comme Erwin Schrott, Nina Stemme, Rolando Villazón ou Sonya Yoncheva d'accéder à la notoriété, autant d'exemples que les jeunes participants rêvent de suivre.

Des conseils inestimables avant la finale 


"Buenos dias!" lance le jeune chanteur français Julien Behr en entrant dans la salle de répétition pour une séance de coaching avec le ténor de légende âgé de 74 ans. Julien, 32 ans, fait partie des onze finalistes venus des quatre coins du monde pour participer à la finale d'Operalia. Près du piano, debout à quelques mètres du ténor assis sur un tabouret, Julien entame un extrait du "Faust" de Charles Gounod. Avant d'être subitement interrompu. "Il faut de l'émotion ! Plus de joie aussi !", coupe, en français, Placido Domingo, en plaçant la main sur son coeur pour évoquer la scène où le héros se rend compte qu'il est amoureux de Marguerite. "Il faut faire plus naturel", poursuit le ténor, aussi baryton et chef d'orchestre.

Julien, passé par l'Opéra national de Paris, acquiesce consciencieusement et reprend l'aria "Salut ! Demeure chaste et pure". Pour le chanteur, les conseils du maestro sont inestimables. "Tout ce qu'il peut dire, pour moi c'est l'Evangile", confie-t-il à l'AFP. "Sur la musique, sur les émotions, c'est très intéressant", ajoute-t-il, citant l'exemple de "Faust". "C'était vraiment intéressant parce que c'est un rôle qu'il a souvent fait sur scène. Il a un français exceptionnel donc il a chante la plupart des grandes rôles du répertoire français".

 

Une jeune sud-africaine très suivie dans son pays

"Il faut se montrer, montrer son talent, et espérer trouver quelqu'un qui saura entendre ce qu'on a de spécial", explique Noluvuyiso Mpofu, une candidate de 24 ans venue d'Afrique du Sud. La jeune femme a commencé à chanter du gospel à l'église, avant de faire de la chorale, puis finalement de l'opéra. Sa candidature a déclenché une vague d'enthousiasme en Afrique du Sud. "Il y a des gens dans tout le pays qui m'encouragent, c'est complètement incroyable", dit-elle. Noluvuyiso chantera "E strano, è strano... Sempre libera", un extrait de La Traviata de Verdi, son "premier amour" en musique, et qu'elle espère, "du fond du coeur, (...) partager avec le public".