Placido Domingo, 71 ans, aborde un 140e rôle à l'opéra

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/09/2012 à 09H43
Placido Domingo le 18 juillet 2012 à Lima, au Pérou

Placido Domingo le 18 juillet 2012 à Lima, au Pérou

© Ernesto Benavides / AFP

Âgé de 71 ans, basé à Los Angeles, l'inusable ténor espagnol s'apprête à ajouter un 140e rôle à son imposant CV, preuve d'une excellente santé vocale qu'il attribue à sa "bonne technique vocale et à une grande prudence".

Dès le 15 septembre, Placido Domingo incarnera le doge Francesco Foscari dans l'opéra de jeunesse de Verdi "I Due Foscari", sur la scène de l'opéra de Los Angeles, qu'il dirige.

En plus de 50 ans de carrière, le chanteur affiche pas moins de 3.600 représentations à son compteur. Sa participation au fameux groupe des Trois Ténors, avec le regretté Luciano Pavarotti et José Carreras, a contribué à une notoriété qui va bien au-delà du cercle des amateurs d'opéra.

Interrogé par l'AFP, Placido Domingo, né à Madrid le 21 janvier 1941 (ses parents étaient chanteurs), assure qu'il ne s'attendait "absolument pas" à une telle longévité en faisant ses débuts internationaux, à 20 ans, au Mexique dans "La Traviata". "Mais c'est quelque chose qui me rend extrêmement heureux. J'ai beaucoup de chance."

Pour durer, il revendique la prudence
"J'ai fait attention. Et bien que je chante et travaille beaucoup, j'ai une bonne technique vocale, j'ai bien géré ma carrière et je l'ai conduite avec une grande prudence." Ces précautions ont-elles fait défaut à certains chanteurs plus jeunes, minés par des problèmes aux cordes vocales, et parfois contraints de suspendre leur carrière ? "Avant, il était plus difficile de chanter dans les grandes maisons d'opéra", observe-t-il. "Aujourd'hui, il y a tant de théâtres, tant de compagnies à travers le monde, qu'on a besoin de beaucoup de chanteurs. Et certains arrivent très vite sur les scènes les plus prestigieuses. Mais la difficulté, s'est de durer."

Dans ces conditions, les chanteurs prennent parfois "des risques s'ils ne font pas attention à eux, s'ils chantent un répertoire qui n'est pas fait pour eux, mais c'est à la fois leur responsabilité et la nôtre, dans les théâtres, quand nous engageons les artistes."

En attendant l'année Verdi...
Le ténor affirme n'avoir aucun problème pour mémoriser ses nouveaux rôles et assure que le défi, pour lui, est surtout de trouver le temps de les étudier, vu ses fonctions de chef d'orchestre, professeur et directeur d'opéra. Mais le chant reste sa "grande passion" et malgré ses nombreuses activités, il continue "lui consacrer quasiment tout (son) temps". L'an prochain, il compte même battre son propre record avec pas moins de quatre nouveaux rôles à l'occasion de l'année Verdi, qui célèbrera les 200 ans de la naissance du compositeur.

Placido Domingo prévoit ainsi de chanter son premier Conte di Luna du "Trouvère", ainsi que trois rôles de baryton, la tessiture qu'il revendiquait à ses débuts, qu'il retrouve au soir de sa carrière: Germont dans "La Traviata", Nabucco dans l'opéra éponyme, et Giacomo dans "Giovanna d'Arco". Aucun rôle ne lui semble inaccessible. "C'est une question d'expérience", dit-il, le regard malicieux. "Tu connais l'histoire, vraie ou fictive, que l'on te présente, tu vois le style, l'âge du personnage, sa théâtralité. Après tant d'années, l'expérience te permet d'ouvrir la partition et de te rendre compte immédiatement du caractère de ton personnage."


Placido Domingo présente la saison 2012-2013 à l'Opéra de Los Angeles (février 2012)