"Peer Gynt" voyage au milieu des musiciens de l'opéra de Limoges

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/05/2017 à 15H16, publié le 09/05/2017 à 15H13
Comédiens, chanteurs et musiciens se partagent la scène pour l'opéra "Peer Gynt" qui sera joué en intégralité à l'opéra de Limoges les 9 et 11 mai.

Comédiens, chanteurs et musiciens se partagent la scène pour l'opéra "Peer Gynt" qui sera joué en intégralité à l'opéra de Limoges les 9 et 11 mai.

© France 3 / Culturebox

L'opéra de Limoges accueille les 9 et 11 mai l'opéra norvégien "Peer Gynt". Complexe et subtil, l'opéra mêle le chant, le théâtre, mais aussi la vidéo. Avec une mise en scène étonnante, comédiens, chanteurs et musiciens suggèrent les décors aux spectateurs qui voyagent au rythme des aventures du personnage principal, Peer Gynt.

Pièce de Henrik Ibsen, sur une musique du compositeur romantique Edvard Grieg, "Peer Gynt" est un opéra écrit en 1867. Joué pour la première fois en 1876 à Oslo, l’œuvre scandinave relève davantage du drame poétique que de l’opéra. La multiplicité de la pièce, le nombre de personnages et les décors constamment changeants en font une œuvre complexe, riche, mais difficile à mettre en scène. Si le thème est grave et profond, l’approche légère a surpris les critiques de l’époque, qui se sont empressés de voir dans cet opéra une œuvre multiple et déroutante qui brise les codes de l’opéra classique.

Reportage : France 3 Limousin - M. Blanloeil / M. Nadal  / C. Cogne
L’œuvre éponyme est le voyage initiatique d’un vagabond norvégien, Peer Gynt. A 20 ans, il décide de fuir son quotidien pour partir à l’aventure. Trolls, princesse, sphinx, sorcière ou encore paysanne, autant de personnage que le jeune homme rencontre, autant de décors qui se succèdent, à mi-chemin entre réalité et fantastique. Thomas Gornet est comédien et interprète Peer Gynt. Selon lui, ce voyage en apparence léger est en fait une invitation à la réflexion. Bien qu’elle soit datée du XIXème siècle, la trame conserve un goût contemporain explique le comédien : "C’est une réflexion sur soi-même, sur l’Homme avec un grand H, comment les humains se réalisent, ce que veut dire être soi-même, est ce que l’on trouve la réponse en nous, dans les autres ? Ce sont des questions qu’on a normalement tous, en tous cas qu’il serait bon que chacun se pose."
L'opéra mis en scène par Jean-Philippe Clarac est un hybride entre tradition et modernité.

L'opéra mis en scène par Jean-Philippe Clarac est un hybride entre tradition et modernité.

© France 3 / Culturebox
C’est parce qu’il est complexe et changeant que l’opéra n’a que très rarement été joué dans son intégralité. C’est donc un défi colossal que s’est lancé l’Opéra de Limoges. Jean-Philippe Clarac, metteur en scène, a décidé de jouer avec la multiplicité de l’opéra. La scénographie a été spécialement conçue pour permettre aux spectateurs de s’imaginer les décors. Des passerelles ont été disposées sur la scène de sorte que les comédiens y circulent au rythme des aventures de Peer Gynt. Et comme pour accentuer le voyage et la suggestion, les musiciens sont placés sur la scène. "[Ils] deviennent comme le paysage des voyages de Peer Gynt. Petit à petit est sortie de notre cerveau l’idée qu’on allait les entourer de passerelles de bois qui sont les chemins de la vie que va prendre ou ne pas prendre Peer Gynt, puisque c’est un personnage qui essaie plusieurs options, plusieurs rencontres avant de se trouver à la fin de sa vie. Aussi, ça peut être vu comme l’intérieur d’un cerveau et des connexions de synapses."
Jean-Philippe Clarac a aussi choisi de profiter du côté hybride de l’opéra pour en faire une pièce fondamentalement moderne. Théâtre, chant, mais aussi vidéo. Jouer sur les codes de la technologie est un choix risqué pour le metteur en scène. Sous la baguette de Nicolas Chalvin, l’orchestre de Limoges reprend les partitions de Grieg, connues de presque tous puisqu’elles ont largement été utilisées dans la publicité. Lorsqu’il parle de cette musique, le chef d’orchestre y voit une certaine vulnérabilité : "C’est une musique qui a des couleurs, un scintillement, une simplicité et aussi une profondeur, c'est-à-dire qu’il y a une pâte sonore qui pourrait rappeler un peu la musique russe. Une légèreté à certains endroits qui est charmantissime. Le charme de Grieg, c’est de temps en temps ce charme des porcelaines très fragiles." C’est toute cette subtilité qui a mené l’Opéra de Limoges a créer un opéra tout en suggestion.

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