« Ma Butterfly reste l’opéra le plus sincère et le plus expressif que j’aie jamais conçu » : Giacomo Puccini en 1904

Composé en 1904, Madama Butterfly succède aux élans dramatiques du précédent opéra de Puccini, Tosca (1900). L'œuvre est emprunte de délicatesse, à l'image de son nom « Papillon ». La terrible histoire d'amour qui sous-tend l'intrigue se déroule au Japon, un pays qui suscitait alors l'engouement.

« Papillon »
En japonais,  « Papillon » se dit « Cio Cio San ». C'est le prénom de l'héroïne de l’opéra, jeune geisha de quinze ans vivant dans la baie de Nagasaki en 1900. « Butterfly » est le surnom que lui donne Pinkerton, officier américain ayant décidé de l'épouser un soir, par simple divertissement exotique. La jeune fille commence par s'ouvrir timidement à lui puis se donne toute entière, avec ardeur. Pinkerton rentre aux Etats-Unis et ne donne plus de nouvelles à Cio Cio San, qui ne cesse d’espérer son retour après avoir accouché de leur enfant. L'officier finit par revenir avec sa nouvelle femme pour récupérer l'enfant... 

Voici un extrait d'un air de Cio Cio San, « Un bel di vedremo » qui signifie « Un beau jour nous verrons », dans lequel la jeune femme raconte son attente :
L'air est interprété ici par Lianna Haroutounian.


À propos du personnage féminin central, Cio Cio San
Ce qui interpelle, c'est « sa détermination à refuser le monde, à renier sa famille et sa religion, à détruire tout ce qui n’est pas l’homme qu’elle aime, à être sourde aux avertissements, à faire des victimes autour d’elle, à abandonner son enfant, à jouir de tout ce qui fait mal » comme le dit Jean-François Sivadier, metteur en scène de l'opéra (voir cet article de arte.tv présentant son travail). 

Prophétie réalisatrice
Giacomo Puccini aurait dit  « Ma Butterfly reste comme elle est : l’opéra le plus sincère et le plus expressif que j’aie jamais conçu. Vous allez voir, à la fin je gagnerai… », après la première de Madama Butterfly qui fut un échec cuisant. La salle ria, hua certains passages et considéra que l'opéra était une pâle copie de La Bohème. Puccini s'attela à un remaniement de la structure de l'opéra et supprima certains airs. Aujourd'hui, cette œuvre est l'une des plus jouées du répertoire lyrique. La délicatesse du personnage et des airs de Cio Cio San notamment frappent au cœur. 

La reprise d'une production à succès  
Cette production fut un élément phare de la programmation de l’Opéra de Lille en 2004. Elle est ici dirigée par le chef italien Antonino Fogliani (regarder son interview faite par Forumopera en 2011). La première mise en scène de l'opéra de Jean-François Sivadier est également reprise ici. 

Voir le reportage de France 3 sur cette reprise 

 

Distribution

  • Date 02 juin 2015
  • Durée 2h 15min
  • Production CLC Productions
  • Réalisation Jean-Pierre Loisil
  • Compositeur Giacomo Puccini
  • Metteur en scène Jean-François Sivadier
  • Chef d'orchestre Antonino Fogliani
  • Orchestre Orchestre National et Choeur de Lille
  • Lumière Philippe Berthomé
  • Livret Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
  • Décors et costumes Virginie Gervaise
  • Chef des choeurs Yves Parmentier
  • Solistes Serena Farnocchia, Cio-Cio San / Victoria Yarovaya, Suzuki / Merunas Vitulskis, F.B. Pinkerton / Armando Noguera, Sharpless / François Piolino, Goro / Tim Kuypers, Le PrinceYamadori, le Commissaire impérial / Ramaz Chikviladze, Le Bonze / Virginie Fouque, Kate Pinkerton / Jérôme Savelon, Yakuside / Thomas Flahauw, L’Officier d’État civil / Anne-Cécile Laurent, La Mère de Cio-Cio-San / Michelle Seitz Lagache, La Tante/ Eleonore Lemaire, La Cousine/ Rachid Zanouda, Le Serviteur
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