Mise en scène avec énergie par le prometteur Michieletto, l'oeuvre de Rossini est un temps fort de la saison à Bastille
Rossini, homme de l’année lyrique ? Après "La Pietra del paragone", "Otello", "Tancrède", voici "Le barbier de Séville" (d’après Beaumarchais), évidemment son chef-d’œuvre. Dans une mise en scène survitaminée du jeune vénitien Damiano Michieletto. Un opéra à déguster en replay sur Culturebox, à partir du 26 septembre.On a assisté vendredi soir à une sorte de miracle : un metteur en scène qui non seulement n’est pas hué par le public de Bastille mais se voit chaleureusement applaudi avec son équipe. Le bonheur de la soirée doit beaucoup, il est vrai, à la précision, à l’invention, à la vivacité de son travail.
 

Sans doute l’opéra bouffe le plus célèbre de l’histoire de la musique et une éternelle source de délices. Rossini le composa en quelques semaines, empruntant ouverture ou airs à ses propres ouvrages, sérieux comme comiques.

Mais tous les remarquables ensembles sont originaux. Dans le finale du premier acte, Rossini mêle tous les styles et enchaîne avec une virtuosité stupéfiante duo, trio, quintette et sextuor. Le Barbier de Séville fut aussi l’un des premiers triomphes européens de l’opéra : la première, le 20 février 1816 à Rome, fut un fiasco retentissant où tous les ennemis de Rossini étaient réunis. Mais sa revanche fut rapide : le 22 février, « Le Barbier » était applaudi à tout rompre. Et certes, comment aurait-il pu ne pas rencontrer cette première résistance, lui qui opposait le monde ancien (Bartolo et son autoritarisme) au monde moderne, l’opéra ancien à l’opéra moderne ? Avec son incroyable verve et sa gaieté juvénile, c’est lui qui fit la fulgurante renommée internationale de Rossini. Manuel Garcia, le créateur de Figaro, le fit représenter au Théâtre-Italien à Paris en 1819. Ce fut la même gloire à Vienne en 1822, où « Le Barbier » fit tomber l’Euryanthe de Weber et le Fierrabras de Schubert, et à New York en 1826, où Garcia s’était embarqué avec sa fille, Maria Malibran.
Avec une nouvelle production de ce chef-d’oeuvre populaire entre tous, le metteur en scène italien Damiano Michieletto fait ses débuts à l’Opéra de Paris.


Distribution

  • Date 25 septembre 2014
  • Durée 2h 34min
  • Production Telmondis
  • Réalisation François Goetghebeur
  • Auteur Gioacchino Rossini
  • Metteur en scène Damiano Michieletto
  • Chef d'orchestre Carlo Montanaro
  • Orchestre Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris
  • Chef des choeurs José Luis Basso
  • Lumières Fabio Barettin
  • Costumes Silvia Aymonino
  • Décors Paolo Fantin
  • Solistes René Barbera - Il Conte d’Almaviva / Carlo Lepore - Bartolo / Karine Deshayes - Rosina / Dalibor Jenis - Figaro / Orlin Anastassov - Basilio / Tiago Matos - Fiorello / Cornelia Oncioiu - Berta / Lucio Prete - Un Ufficiale