« Noces - Stravinsky/Ramuz » : la musique au travail

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/02/2012 à 19H28
"Noces - Stravinsky/Ramuz" de Philippe Béziat

"Noces - Stravinsky/Ramuz" de Philippe Béziat

© Les Films Pelléas

Documentaire musical de Philippe Béziat (Suisse), avec : Dominique Reymond, Mirella Giardelli, Olga Kokorina -1h32 - sortie : 8 février

Les rencontres, les répétitions et l'exécution du ballet de Stravinsky sur un livret de Ramuz "Les Noces".
 

Collaboration poétique
Si les documentaires musicaux sont nombreux, le répertoire classique est rare sur les écrans. « Noces » de Philippe Béziat montre combien la matière est riche et sujette à un traitement original et didactique.

« Noces » renvoie à la rencontre entre le compositeur russe Igor Stravinsky et le poète suisse Charles-Ferdinant Ramuz et leur collaboration sur plusieurs œuvres, dont "Les Noces", ballet écrit après "Le Rossignol", en 1914, mais dont l’achèvement attendit 1923. Partition complexe, son instrumentation comporte quatre pianos, de nombreuses percussions et voix. Le livret s’inspire de chants traditionnels russes autour d’un mariage campagnard, Stravinsky demandant à Ramuz de traduire la prose originelle en français.

"Noces - Stravinsky/Ramuz" de Philippe Béziat

"Noces - Stravinsky/Ramuz" de Philippe Béziat

© Les Films Pelléas

Musique filmée
"Noces" de Philippe Béziat part de la rencontre Stravinsky/Ramuz dont le poète rendra compte dans "Souvenirs sur Igor Stravinsky" publiés bien plus tard, en 1929. Le film enchaîne alors sur le ton d’un documentaire-fiction sur la rencontre entre la chef d’orchestre et chorégraphe Mirella Giardelli avec la comédienne Dominique Reymond, chevilles ouvrières de la mise en œuvre. Le recrutement des musiciens, de plus en plus nombreux, les répétitions, jusqu’à la représentation organisée pour la caméra occupent l’écran.

"Noces" montre la musique au travail, sa théâtralisation, et sa mise en images, une vidéaste prenant également place dans le cadre. La caméra virevolte entre les danseurs, semblant elle-même au cœur du ballet. Des trucages vidéos ne sont pas sans rappeler, par moments, les expériences électroniques d’un Jean-Christophe Averty, boostées par les nouvelles technologies. Les mélomanes seront à la noce.