Les premières notes du Festival d'été de Salzbourg résonneront ce soir

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/07/2012 à 09H10
"Macbeth", l'opéra de Verdi joué pour l'édition 2011 du festival de Salzbourg

"Macbeth", l'opéra de Verdi joué pour l'édition 2011 du festival de Salzbourg

© Wildbild / AFP

Rendez-vous mondial incontournable de l'opéra, de la musique classique et du théâtre, se lance ce vendredi 20 juillet dans une nouvelle aventure avec l'Autrichien Alexander Pereira, son nouveau directeur artistique pour cinq ans.

Deux-cent trente-deux représentations sont prévues en 45 jours dans le cadre de cette 92e édition du festival qui se terminera le 2 septembre. Le Festival innove avec, en prélude au cycle d'opéras, un programme de musique sacrée, en tête "La Création" de Joseph Haydn, qui mettra en regard différentes religions. Cette "ouverture spirituelle" du festival est un signal: l'objectif est de "se concentrer de nouveau sur la musique sacrée", selon les déclarations à l'AFP d'Alexander Pereira, âgé de 65 ans, une musique dont il déplore qu'elle ait énormément perdu de terrain ces dernières années.

Pour lui, "les compositeurs ont écrit leurs plus belles oeuvres pour les églises". "Salzbourg, avec ses magnifiques églises, est un endroit logique pour faire un festival de musique sacrée", estime-t-il. Ainsi, l'Orchestre philharmonique d'Israël, dirigé par l'Indien Zubin Metha, a été invité pour trois concerts. En 2013, la musique de la religion bouddhiste sera à l'honneur, puis celle des Mahométans en 2014.

"Je vais aussi à partir de 2013 faire chaque année une commande à un compositeur contemporain avec donc chaque fois une première mondiale", a assuré Alexander Pereira. En 2013, le compositeur hongrois György Kurtag travaillera sur "Fin de partie" de Samuel Beckett. Il sera suivi par le Français Marc André Dalbavie et le Britannique Thomas Adès.

Mozart pour la 1re fois sur instruments anciens à Salzbourg

Le 27 juillet, le prestigieux chef autrichien Nikolaus Harnoncourt, considéré comme le "pape" du renouveau baroque, ouvrira le cycle des opéras avec sa version de "La Flûte enchantée" de Wolfgang Amadeus Mozart. Pour la première fois, il interprètera sur instruments anciens une grande oeuvre de Mozart dans la ville natale du compositeur avec sa formation, le Concertus Musicus Wien. Pour Alexander Pereira, il s'agit de "l'un des évènements les plus importants du festival".

Déjà l'an dernier, l'interprétation d'un titre emblématique du festival, "Cosi fan tutte" de Mozart, avait été confiée à un orchestre baroque, "Les Musiciens du Louvre-Grenoble" dirigés par le chef français Marc Minkowski, de nouveau à Salzbourg pour diriger "Tamerlan" de Georg Händel.

Cependant, le festival laissera la place aussi chaque année à une nouvelle production d'une grande oeuvre de Mozart sur instruments modernes par l'Orchestre Philharmonique de Vienne, traditionnellement dans la fosse à Salzbourg. Les chefs russe Valery Gergiev, italien Riccardo Mutti, néerlandais Bernard Haitink, notamment, dirigeront par ailleurs le Philharmonique de Vienne pour divers concerts.

La Bohème de Puccini et du théâtre

Cet orchestre, cette fois sous la baguette du Britannique Daniel Harding, accompagnera le 29 juillet la nouvelle production d'"Ariane à Naxos" de Richard Strauss, pour le 100è anniversaire de la première version de cette oeuvre, ainsi que le 20 août "Les Soldats" du compositeur allemand Bernd Alois Zimmermann, une co-production avec la Scala de Milan. Une nouvelle production de "La Bohème" de Giacomo Puccini, un compositeur dont un seul opéra, "Turandot", a été donné jusqu'à présent dans toute l'histoire du festival, verra le 1er août dans le rôle-titre de "Mimi" la star russo-autrichienne Anna Netrebko.

Autre innovation, une version pour enfants de "La Flûte enchantée" sera proposée, une expérience qui se poursuivra à chaque nouvelle édition du festival.

Au théâtre, une nouvelle mise en scène du "Prince de Hombourg" de Heinrich von Kleist est à l'affiche, ainsi que "Peer Gynt" de Henrik Ibsen dans une version de la franco-britannique Irina Brook.