"Le Trouvère" de Verdi, temps fort annoncé du Festival de Salzbourg

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/08/2014 à 11H36
Répétition du "Trouvère" de Verdi à Salzbourg, avec de gauche à droite Francesco Meli (Manrico), Anna Netrebko (Leonora) et Placido Domingo (Conte di Luna), le 4 août 2014

Répétition du "Trouvère" de Verdi à Salzbourg, avec de gauche à droite Francesco Meli (Manrico), Anna Netrebko (Leonora) et Placido Domingo (Conte di Luna), le 4 août 2014

© Wildbild / AFP

La première samedi soir du "Trouvère" de Verdi, délocalisé au musée par le metteur en scène letton Alvis Hermanis, s'annonce comme l'un des moments forts du Festival de Salzbourg, avec une brochette de stars sur scène.

Depuis plusieurs semaines, les aficionados du lyrique ne parlent que de ça, d'où une demande de billets cinq fois supérieure à l'offre pour la seule première, six représentations complètes et, déjà, la promesse de revenir à l'affiche du Festival en 2015.

Avec la soprano Anna Netrebko (Leonora), le ténor-baryton Placido Domingo (le Comte de Luna), la mezzo-soprano Marie-Nicole Lemieux (Azucena) et le ténor Francesco Meli (Manrico), ce "Trouvère" propose tout simplement l'affiche la plus prestigieuse de cette 94e édition du prestigieux festival autrichien de musique classique.
Un reportage (en allemand) sur "Le Trouvère" à Salzbourg, avec des extraits musicaux (6 août 2014)
"Une histoire sans dessus dessous"
Le pari est risqué pour un opéra qui n'avait pas été proposé dans la ville natale de Mozart depuis 1963. À l'époque, l'un des plus grands chefs d'orchestre de l'histoire, l'Autrichien Herbert von Karajan, était à la baguette et à la mise en scène. "L'histoire est sans dessus dessous. Faire une mise en scène d'époque avec cette histoire aujourd'hui, c'est très difficile", a confié Marie-Nicole Lemieux par téléphone à l'AFP.

"On doit trouver un chemin pour raconter l'histoire, avec des images que l'on comprend de nos jours", a précisé Eva Dessecker, costumière qui a travaillé plusieurs fois avec le metteur en scène.

Le metteur en scène letton Alvis Hermanis a décidé de transposer cette histoire dans un musée, "dans la salle de la Renaissance italienne. On se sent au Louvre", souligne auprès de l'AFP la cantatrice québécoise, qui effectue avec le "Trouvère" ses débuts à Salzbourg. "La musique est du XIXe siècle, l'histoire se déroule au XVe siècle et notre public est du XXIe siècle. En tant que metteur en scène, on doit tenir compte de ces trois perspectives", a plaidé Hermanis lors d'une conférence de presse.

Alvis Hermanis "donne une très grande liberté", affirme Marie-Nicole Lemieux. "Je suis bien avec lui, car c'est quelqu'un qui laisse le chanteur explorer beaucoup. Il donne un cadre extérieur très précis, mais là-dedans, il nous laisse libre", ajoute-elle.
Un autre reportage (en allemand) avec des extraits musicaux (7 août 2014)
Un musée hanté par les personnages de Verdi
Le musée imaginé par Hermanis est vivant et les tableaux sont hantés par les personnages de Verdi. Au fur et à mesure que le drame se met en place - une mère qui immole son enfant, une gitane brûlée pour sorcellerie et l'affrontement mortel de deux frères - le musée se vide progressivement des tableaux. Cette mise en scène est exigeante pour les artistes.

Dans cette production, les talents d'acteur sont tout autant sollicités que ceux de chanteur. "Sur scène, on doit rendre le drame palpable. Pour la sensation, le jeu d'acteur est tout aussi important que la musique et la qualité du chant", a confirmé devant les journalistes Placido Domingo, qui avait débuté à Salzbourg il y a 39 ans, dans "Don Carlo" de Verdi.

"Le Trouvère", l'un des plus opéras les plus sombres de Verdi, combine "des passages lyriques, tragiques, héroïques et même légers", a décrit de son côté Anna Netrebko. "Celui qui ne veut qu'une musique visuelle ne sera pas satisfait. La musique et la mise en scène ne doivent pas être en concurrence, mais se soutenir mutuellement", a prévenu le metteur en scène à l'attention du public salzbourgeois, dans une récente interview à l'agence de presse autrichienne APA.
Un teaser pour Salzbourg (juillet 2014)