Le Festival de Salzbourg s'ouvre avec un "Don Giovanni" revisité

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/07/2014 à 11H44
Des chanteurs répètent le "Don Giovanni" de Mozart, mis en scène par Sven-Eric Bechtolf, sur la scène du Festival de Salzbourg, le 24 juillet.

Des chanteurs répètent le "Don Giovanni" de Mozart, mis en scène par Sven-Eric Bechtolf, sur la scène du Festival de Salzbourg, le 24 juillet.

© WILDBILD / AFP

A partir de ce dimanche et jusqu'au 31 août, la ville natale de Mozart accueille les plus grandes vedettes du monde de la musique classique. Ce soir, le "Don Giovanni" original mis en scène par Sven-Eric Bechtolf transportera les spectateurs dans l'Espagne des années 1920.

Le 94e Festival de musique classique, d'opéra et de théâtre de Salzbourg sera officiellement inauguré dimanche 27 juillet, avec la première d'un classique de l'opéra, "Don Giovanni" de Mozart. Le chef de l'État autrichien, Heinz Fischer, doit prononcer le traditionnel discours d'ouverture, avant de laisser place en soirée à un "Don Giovanni" original, mis en scène par l'Allemand Sven-Eric Bechtolf.

Christoph Eschenbach, qui sera à la baguette, a tenté "d'examiner la pièce derrière les notes, derrière le texte, d'une façon nouvelle", explique-t-il dans un entretien accordé à l'AFP. "Vous allez voir quelque chose d'assez différent par rapport à d'habitude", lance-t-il. "Ça se joue dans la période pré-fasciste en Espagne, disons dans les années 20 du siècle précédent", résume le chef d'orchestre.

5 semaines et 270 représentations

Don Giovanni, interprété par le basse italien Ildebrando D'Arcangelo à Salzbourg, est un personnage qui "représente le désir inaccompli", explique au quotidien autrichien Der Standard le metteur en scène Bechtolf, alors que le Commandeur, interprété par le basse polonais Tomasz Konieczny, "est le représentant de l'ordre, des pères, des juges, des policiers".

Plus de deux siècles après sa création, cet opéra de Mozart reste aux yeux de Christoph Eschenbach "très moderne", car les "compositeurs, pas seulement Mozart... ont été des visionnaires". "Ils ont combattu dans leur musique et leur livrets les mauvais côtés de la politique", ce qui permet aux spectateurs aujourd'hui de se reconnaître dans ces oeuvres.

Cette première de l'opéra de Mozart, dans la ville qui l'a vu naître, donne le coup d'envoi de cinq semaines de spectacles, avec pas moins de 270 représentations. Cette 94e édition sera aussi la dernière pour son intendant autrichien Alexander Pereira, qui a mis l'accent pendant trois ans sur une expansion controversée et très coûteuse du festival.

Un festival placé sous le thème de la guerre

Lundi soir, la première de l'opéra "Charlotte Salomon", du Français Marc-André Dalbavie, consacré à l'artiste allemande décédée dans les camps d'extermination, sera l'un des moments forts. La représentation le 9 août du "Trouvère" ("Il Trovatore") de Verdi, et sa pléthore de vedettes du monde de la musique classique (Anna Netrebko, Placido Domingo, Marie-Nicole Lemieux) est aussi très attendue.
Le Festival est placé sous le thème de la guerre, en hommage au centenaire de la Première Guerre mondiale. "Les guerres sont partout sur la planète et s'intéresser à cette thématique du point de vue de l'art, c'est très très intéressant", estime Christoph Eschenbach.