La "Folle journée" de Renaud Capuçon et Claire-Marie Le Guay

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/02/2012 à 11H01
Renaud Capuçon lors de la Folle Journée 2011 (04/02/11)

Renaud Capuçon lors de la Folle Journée 2011 (04/02/11)

© Jean-Sébastien Evrard / AFP

Renaud Capuçon a été "peoplisé" depuis deux ans à son corps défendant, inutile de dire qu'il vaut tellement mieux que cela. Il est tout simplement l'un des meilleurs violonistes du monde et l'un des plus fêtés. Il est fidèle au rendez-vous nantais, où il a joué cette année deux oeuvres de Tchaïkowsky. Autre fidèle de La Folle journée, la pianiste Claire-Marie Le Guay. Emportée par la virtuosité et la générosité de la musique russe, elle nous donne à entendre Borodine, Scriabine, Rachmaninov.

Bertrand Renard : Vos premiers souvenirs de Nantes ?
Renaud Capuçon :  C'était en 1996, l'année Schubert, c'est Michel Dalberto qui m'avait recommandé à René Martin qui, d'ailleurs, me connaissait déjà. C'était assez étonnant ; Il y avait beaucoup moins de concerts que maintenant mais déjà tellement de monde, des télés partout. Moi, j'étais un petit jeune et pourtant on m'avait demandé plein d'interviews ! On était avec Michel Dalberto dans une petite salle de 200 places. Et l'année suivante je jouais le concerto de Brahms dans le grand auditorium !
(Les Nantais... et les autres se souviennent de ce Brahms, un des concertos les plus longs, les plus difficiles et les plus beaux du répertoire, par ce garçon de 22 ans. Sa carrière aurait vraiment démarré là. Michel Dalberto est pour moi l'un des plus grands pianistes français: il vient de participer à un superbe enregistrement de la musique de chambre de Gabriel Fauré, dont Renaud est le leader et à laquelle participent certains de ses partenaires préférés)

Les Nantes suivants ?
Chaque fois que je peux venir, je viens. A Nantes, c'est un public différent, enthousiaste, qui a soif de musique, un public qu'on ne voit pas forcément ailleurs. Il me semble aussi que c'est ici que j'ai joué la première fois avec le pianiste Frank Braley (un de mes partenaires préférés aujourd'hui, et c'était du Ravel !), avec les violoncellistes Henri Demarquette ou Jean- Guihen Queyras. Mais j'ai toujours adoré ça, ces rencontres avec d'autres musiciens, ces échanges musicaux, ces amitiés qui se créent... ou moins. J'appliquais le même principe à mon festival près de Chambéry, que j'ai créé dès 1996. C'est un des bonheurs de Nantes : les dîners, les soirées entre nous, ou simplement boire un verre  avec d'autres interprètes qu'on n'a jamais le temps de voir parce qu'on est toujours aux quatre coins du monde...
(Braley, Demarquette, Queyras, sont, comme Renaud, parmi les meilleurs de leur génération. Le magnifique festival créé par Renaud à Chambéry a duré jusqu'en 2010. On aurait pu l'appeler "Renaud et ses amis", tous, bien sûr, choisis par lui et dotés d'un formidable talent)

Cette année nantaise ?
Tchaïkowsky ! Heureux d'avoir défendu dans le grand auditorium son concerto pour violon, si lyrique et si beau ! Et le magnifique trio pour piano, violon, violoncelle. Je l'avais joué ici il y a dix ans avec mon frère Gautier et Nicolas Angelich. Aujourd'hui c'est avec Katia (Buniatishvili) et Yann (Levionnois). Katia est bouillonnante, authentique, elle ne fait pas de chichi, elle est vraiment honnête. Yann est un violoncelliste très pur. Il est encore tout jeune, 21 ans, il est en devenir mais la sève est là. C'est la première fois que je joue ce trio avec eux, c'est donc à la fois le même trio... et différent. Pourtant mon bonheur nantais, hier soir, ça a été de dîner et de boire un verre avec des amis musiciens que je n'avais pas vus depuis trop longtemps.