La Clinique du Musicien : quand la pratique artistique génère de la douleur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/04/2011 à 09H51
La Clinique du Musicien : quand la pratique artistique génère de la douleur

La Clinique du Musicien : quand la pratique artistique génère de la douleur

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C'est un lieu unique en France : à Paris, la Clinique du Musicien et de la performance musicale prend en charge les pathologies physiques et mentales des musiciens qu'ils soient amateurs ou professionnels. Illustration avec les membres de l'Orchestre de l'Opéra de Paris.

Créée en 2003, la Clinique du Musicien regroupe des kinésithérapeutes qui sont tous des mélomanes avertis, ayant chacun un instrument de prédilection. Marc Papillon, que l'on voit dans le reportage, (et qui a étudié la contrebasse tout en poursuivant des études de design et d'ergonomie de l'instrument de musique) se concentre sur les instruments à vents et à cordes tandis que son collègue Florian Chrétien s'intéresse aux instruments dits "extrêmes" comme la guitare électrique ou la batterie. Face à des musiciens qui s'entraînent comme des athlètes de haut-niveau, à raison de 8 à 10 heures par jour, ces spécialistes travaillent à la fois sur les pathologies corporelles et sur celles des affects : le stress, l'échec, le trac mais aussi le succès. Deux pôles ont donc été crées : l'un dédié aux troubles musculo-squelettiques, l'autre à la psychologie de la performance. Une prise en charge qui apparaît essentielle quand on regarde les chiffres : en région Rhône-Alpes par exemple, une étude a montré que 60% des musiciens ont dû interrompre leur activité musicale du fait de problèmes médicaux, pour la plupart centrés sur la main et le membre supérieur, ainsi que sur la colonne vertébrale. D'où le rôle de la prévention qui doit aussi insister sur les changements de mentalité. Pour le musicien (mais cela s'applique aussi à d'autres professions), jouer dans la souffrance est normal, cela fait même partie des choses qu'on lui a enseignées. Certains jouent jusqu'à l'extrême limite avant de consulter, une fois que la douleur devient insupportable. Une attitude qui complique et rallonge la durée du traitement. Et le retour du musicien vers son instrument.

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