La "Cenerentola" de Rossini à l'Opéra Garnier

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/11/2011 à 12H49
Karine Deshayes (Angelina) dans la "Cenerentola"

Karine Deshayes (Angelina) dans la "Cenerentola"

© Opéra national de Paris/Agathe Poupeney

Un regard en noir et blanc sur une "Cenerentola" de Rossini très tranchée… Les méchants le sont énormément. La bonté des autres est insondable.

La Cendrillon de Rossini brille dans une mise en scène de 1968 désormais légendaire. Les grisailles des façades semblent tracées à l’aide d’un fusain géant. Un décor efficace et une lumière très réussie : quand la Cenerentola arrive au bal avec une majestueuse robe de velours noir… elle rayonne !!!
Seules concessions à la couleur, les rubans dont les méchantes demi-sœurs se ceinturent et leurs joues au rose outrancier.

Sobriété et outrance

Non seulement la partition de Rossini est idéale pour mettre en lumière le talent des chanteurs, en particulier la chaleur virtuose de la mezzo soprano Karine Deshaies qui incarne la pauvresse au grand cœur, mais elle recèle également des trésors de drôlerie. Le chœur des solistes  « un nodo avviluppato » fait de roulements de R et de pizzicati vocaux est éblouissant.

Les ors de la salle Garnier ne font pas oublier une farce parfois trop appuyée et le physique de Javier Camarena, dont on doute qu’il fasse tant battre le cœur de Cendrillon… Mais en levant le nez, on peut admirer les danseuses aériennes peintes par Chagall, si l’on ne se contente pas des entrechats poussifs de Clorinda!
Il faut aimer la musique facétieuse, et la Cenerentola est un petit loukoum de 3 actes.

"La Cenerentola" de Rossini au Palais Garnier.

Du 26 novembre au 17 décembre. 3h05 avec un entracte.