"La Bohème" à l'Opéra de Marseille : intemporel !

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/12/2011 à 17H52
Représentation de La Bohème à l'Opéra de Marseille

Représentation de La Bohème à l'Opéra de Marseille

© Opéra de Marseille

Jusqu'au 10 janvier 2012, l'Opéra de Marseille propose de (re)découvrir le célèbre opéra de Puccini, "La Bohème". Rodolfo, Mimi et leurs acolytes nous plongent dans le Paris du XIXème siècle. Histoires d'amours étudiantes dans le Quartier Latin sur fond de désir artistique, de pauvreté et de maladie : voilà les ingrédients du succès de cette histoire depuis sa création en 1896. Aujourd'hui, "La Bohème" est l'un des opéras les plus joués au monde.

 

 

Le succès populaire de la Bohème ne se dément pas depuis plus d'un siècle. Sans doute parceque l'histoire et la musique plaisent au public. Et sûrement parce que les thèmes abordés sont intemporels. D'ailleurs, le metteur en scène Daniel Benoin présente jusu'au 31 décembre à Toulon une version moderne, qu'il a transposée à l'hiver 1968. Une autre génération, mais les mêmes aspirations. 

Autre initiative originale, celle qui s'est déroulée à Berne, en Suisse, en 2009. L'Opéra a été filmé et diffusé en direct sur Arte depuis une cité HLM de la ville. Les chanteurs évoluaient dans un véritable appartement et les habitants ont pleinement participé au projet. 

 

 

Il ne faut pas oublier que l'Opéra de Puccini est basé sur le feuilleton littéraire d'Henry Murger, "Scènes de la vie bohème", publié en 1851. L'auteur y expose alors sa vision. Pour lui, est bohème "tout homme qui entre dans les arts sans autre moyen d'existence que l'art lui-même". La pauvreté de ces artistes vagabonds n'est pas subie, elle est un point de départ obligatoire. Mais pour lui, c'est aussi un état transitoire qui peut déboucher aussi bien sur la reconnaissance que sur la maladie ou la mort. Cet état d'esprit est complètement lié à une certaine idée que le grand public se fait du Paris de cette époque. Le seul endroit du pays où tout peut se passer, où la gloire aussi bien que la misère se côtoient. 

Pour Henry Murger, les vrais bohèmes sont des artistes talentueux qui ont une chance de réussir et pour qui la misère ne durera pas. Ils vivent une sorte de quête identitaire et initiatique qui conduira finalement ceux le méritent vers la fortune. C'est également un état d'esprit qui correspond aux aspirations de la jeunesse, qui marque le passage vers le monde des adultes. En ce sens, il est vrai que l'on peut transposer cette histoire à bien des époques. Car finalement, les jeunes ont toujours eu les mêmes rêves, que ce soit en 1850, en 1968 ou en 2012.