L'Otello de Verdi donné au Palais des Doges de Venise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/07/2013 à 17H57
Gregory Kunde et Carmela Remigio dans Otello dans la cour du Palais des Doges, le 10 juillet 2013.

Gregory Kunde et Carmela Remigio dans Otello dans la cour du Palais des Doges, le 10 juillet 2013.

© Giuseppe Cacace / AFP

A l'occasion du Bicenternaire de Giuseppe Verdi, la Sérénissime a accueilli mercredi en plein air "Otello", la plus vénitienne de ses oeuvres. Dans la cour du Palais des Doges, Otello, "Le Maure de Venise", est rentré à la maison. Le spectacle était dirigé par le Coréen Myung-Whun Chung, chef de la philharmonie de Radio France, avec l'orchestre et le choeur de La Fenice.

Otello n'avait pas été joué depuis 1970 au Palais des Doges
"L'Otello de Verdi est le plus grand hommage qu'il ait rendu à Venise", explique le directeur artistique de la Fenice, Fortunato Ortombina. Même si l'action de son opéra se déroule à Chypre, l'oeuvre située au XVè siècle fait clairement apparaître la domination vénitienne sur l'île à cette époque glorieuse pour la cité. "C'est aussi un grand hommage à la tradition musicale vénitienne", souligne-t-il. Pourtant, le Palais des Doges et le somptueux décor de sa cour quattrocento ne l'avaient plus accueilli depuis 1970.  

Mercredi, pour ce grand retour, c'est Gregory Kunde qui a interprété le rôle de ce général de l'armée vénitienne dévoré de jalousie, et la soprano Carmela Remigio celui de son épouse Desdémone.
Otello de Verdi au Palais des Doges de Venise, Place Saint Marc.

Otello de Verdi au Palais des Doges de Venise, Place Saint Marc.

© Giuseppe Cacace / AFP
Le palais, somptueux, sert de décor
La mise en scène, signée Francesco Micheli, créée en novembre 2012 pour l'ouverture de la saison de La Fenice, a été spécialement repensée pour mettre en valeur la vaste cour de ce palais situé Place St-Marc, lieu emblématique de Venise. Utilisant tout l'espace possible, notamment les balcons et escaliers du bâtiment, elle réquisitionne aussi ses murs au moyen de nombreuses projections figurant des étoiles, des lions de Venise ou même une tempête.

Si les chanteurs utilisent principalement la scène (en l'absence de fosse, l'orchestre est placé à côté), "le décor principal est le palais", explique M. Micheli. Il sera symboliquement "détruit" par des projections aquatiques pour figurer les tourments dans lesquels se débat le héros, qui le pousseront finalement à assassiner sa femme. Sûr de lui au début de l'opéra, Otello finit par "se noyer dans la mer de ses angoisses", ce qui rapproche encore une fois son sort de celui de Venise, "dont le cauchemar est la montée des eaux", note M. Micheli.

Deux autres représentations en juillet
Otello, qui sera encore représenté deux fois, les 14 et 17 juillet, est le point d'orgue de la première édition du festival baptisé "L'esprit de la musique de Venise", et qui court du 20 juin au 24 août.
   
Dans ce cadre, Myung-Whun Chung dirigera aussi pour une unique date (le 19 juillet) le "Requiem" de Verdi, toujours dans la cour du Palais des Doges.