L'Ensemble de cuivres de Carabobo, l'autre facette de la jeunesse vénézuélienne

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/08/2012 à 17H19
Les jeunes musiciens de l'Ensemble de cuivres de Carabobo

Les jeunes musiciens de l'Ensemble de cuivres de Carabobo

© France3 / Culturebox

Pour sa 19ème édition, le festival Cuivres en Fêtes de Saint Junien et sa région (17 au 25 août) a permis au public de découvrir l'Ensemble de cuivres de Carabobo. Cette formation est composée de jeunes vénézuéliens issus de quartiers pauvres qui ont pu s’intégrer à El Sistema, une fondation publique qui supervise un réseau unique d’orchestres pour enfants créé en 1970 par le pianiste José Antonio Abreu

 

A la fois, économiste, pianiste, éducateur, José Antonio Abreu a choisi un jour de s’opposer à sa façon à la violence des gangs qui ravage le Vénézuela, un pays où l’on compte chaque année près de 20 000 homicides. Aux clans de la rue, il oppose celui de la musique avec son chef, son orchestre et son chœur. Un système dans lequel les valeurs sont le travail, la discipline, la responsabilité mais aussi l’écoute des autres. En 1975, il crée ainsi à Caracas le premier orchestre de jeunes. A l’époque, il est composé de douze enfants tous issus des « barrios », les quartiers pauvres de la ville. Le « Sistema » de José Antonio Abreu est basé sur le fonctionnement suivant : le matin, les enfants vont à l’école. L’après-midi, ils se rendent dans un des 270 centres de musique (les « nucléos ») où ils travaillent durant quatre heures. L’enseignement, basé sur la capacité à jouer ensemble, y est gratuit.

 

Aujour'dhui, ce sont près de 265 000 enfants de 2 à 16 ans qui bénéficient du Sistema. A l’issue de cette formation, ils peuvent intégrer un des 125 orchestres de jeunes ( dont fait partie l'Ensemble de cuivres de Carabobo) qui ont vu le jour à travers tout le Vénézuela et qui sont devenus un « service social » selon José Antonio Abreu. « Il y a vingt ans » raconte ce dernier, «  ce n’était pas simple de convaincre les maires des villes de subventionner les orchestres d’enfants. Maintenant, c’est plutôt nous qui avons du mal à satisfaire la demande ». Le top du top, c’est d’arriver à rentrer dans l’Orchestre des jeunes Simon Bolivar. Et d’accomplir une carrière à l’image de celle de sa star, Gustavo Dudamel, un jeune homme venu d’une des régions les plus pauvres du Vénézuela qui dirige aujourd’hui le Simon Bolivar mais qui est aussi, à 30 ans, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles. 

Prochain concert de l'Ensemble de cuivres de Carabobo le mercredi 23 août à la Mégisserie à 20h30

"La musique, avenir du Venezuela : El Sistema",  un documentaire de Maria Stodtmeier et Paul Smaczny - en DVD chez Medici