Haendel, Mozart, Britten : cinq opéras au festival d'Aix-en-Provence

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/06/2015 à 15H11
"Svadba", opéra d'Ana Sokolovic, au festival d'Aix-en-Provence (27 juin 2015)

"Svadba", opéra d'Ana Sokolovic, au festival d'Aix-en-Provence (27 juin 2015)

© Boris Horvat / AFP

Le Festival d'Aix-en-Provence qui a démarré le 2 juillet et se poursuit jusqu'au 21, propose cinq opéras : du contemporain "Svadba", de la Serbe Ana Sokolovic, au baroque "Alcina" de Haendel, revu par l'audacieuse Katie Mitchell, en passant par un "Enlèvement au sérail" à l'heure du Jihad, un historique "Songe" de Britten par Carsen et "Le Monstre du labyrinthe" de Dove, dirigé par Simon Rattle.

Le festival est sorti indemne de la crise des intermittents : "Nous avons terminé 2014 à l'équilibre, en dépit de l'annulation d'un spectacle", a précisé son directeur, Bernard Foccroulle.
              
Katie Mitchell, qui met en scène l'opéra d'ouverture, "Alcina", avait époustouflé le public il y a trois ans avec sa mise en scène, à la fois moderne et respectueuse, de "Written on Skin", prix de la meilleure création mondiale aux "Opera Awards", à Londres en avril 2013.

De Haendel à Britten

La Britannique, qui signe sa quatrième mise en scène à Aix, aime les personnages féminins forts et devait être servie avec Alcina la magicienne, séduite et abandonnée par le chevalier Ruggiero. L'opéra bénéficie d'une distribution prestigieuse avec Patricia Petibon et Philippe Jaroussky.
              
Comme chaque année, le festival propose une oeuvre de Mozart, "l'ADN du festival", selon Bernard Foccroulle. "L'Enlèvement au sérail", qui tombe souvent dans le piège du kitsch orientalisant ne court cette fois aucun risque avec la mise en scène ultra contemporaine de l'Autrichien Martin Kusej, branchée sur l'actualité du monde arabe.
 
Le festival reprend un "spectacle historique", donné en 1991 à Aix , "Le Songe d'une nuit d'été" de Benjamin Britten, mis en scène par Robert Carsen, qui avait fait sensation lors de sa création il y a 25 ans.

Dominique Blanc dans "Perséphone" de Stravinsky              

Chaque année, Aix  met en lumière des oeuvres moins connues et des créations. "Iolanta", de Tchaïkovski, et "Perséphone", de Stravinsky, très peu données ces dernières années, connaissent un net regain d'intérêt, puisque l'Opéra de Paris en donnera aussi la saison prochaine une autre version, également en une seule soirée.
 
A Aix, c'est la comédienne Dominique Blanc, récemment entrée à la Comédie-Française, qui dira le texte de Gide dans "Perséphone", tandis que Peter Sellars s'est inspiré des danses traditionnelles cambodgiennes pour le choeur.
 
"Svadba" est la découverte de cette année: un opéra pour six voix de femmes  "a cappella", écrit par la jeune compositrice serbe Ana Sokolovic, qui décrit l'intimité des femmes avant la fête de mariage ("Svadba"). L'oeuvre, qui a eu des critiques élogieuses aux Etats-Unis, est pour la première fois créée en version scénique en Europe.

Un opéra monté avec des enfants et des amateurs     

Les jeunes auront cette année leur opéra, "Le Monstre du labyrinthe" de l'Anglais Jonathan Dove, monté avec 300 participants dont des choeurs d'enfants et adultes amateurs de la région d'Aix.
              
C'est Simon Rattle, le chef du Philharmonique de Berlin, qui a eu l'idée de ce projet impliquant les communautés locales. L'oeuvre est jouée à Berlin, Londres et Aix  (8 et 9 juillet) par le London Symphony Orchestra dirigé par Simon Rattle.
              
Le festival d'Aix, régulièrement récompensé pour ses créations, ambitionne de devenir "centre de référence mondial pour la création d'opéras", selon une étude prospective menée cette année. Le succès éclatant de "Written on Skin", de George Benjamin (2012), co-produit par cinq maisons d'opéra et distribué dans une dizaine de théâtres lyriques, montre que le public peut prendre le risque de la création, souligne son directeur.

En 2016, pour la première fois à Aix, un opéra en arabe       

L'an prochain, le festival donnera son premier opéra chanté en arabe, "Kalila wa Dimna", du chanteur, oudiste et compositeur palestinien Moneim Adwan. "Nous sommes à un moment où la dimension interculturelle est absolument centrale", affirme Bernard Foccroulle, qui s'attache depuis plusieurs années à  développer les liens avec le monde méditerranéen.
              
Deux soirées sont dédiées (7 et 19 juillet) au Festival de Baalbeck au Liban à la veille de ses 60 ans, et à celui d'Essaouira au Maroc. L'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, qui forme une centaine de jeunes musiciens de la région Paca et de l'arc méditerranéen, jouera les 18 et 21 juillet.