Noces réussies entre l’opéra de Lyon et le festival d’Ambronay

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2013 à 18H36
Sophie Karthaüser (Susanna), Pietro Spagnoli (le comte)

Sophie Karthaüser (Susanna), Pietro Spagnoli (le comte)

© Bertrand Pichene/CCR Ambronay

Le directeur musical René Jacobs est bien connu de tous les mélomanes pour ces interprétations revisitées des grands ouvrages lyriques de Mozart. Aussi lorsque le festival de musique baroque d’Ambronay choisit de programmer "Les noces de Figaro", le succès est garanti. Il fallait trouver un lieu d’accueil aux grandes dimensions. Le festival s’est associé à l'Opéra de Lyon qui était plein à craquer


René Jacobs avait déjà marqué l’histoire de l’interprétation de cet opéra gravé au disque en 2004 et couvert de prix. Fidèle du festival d’Ambronay auquel il a participé plus d’une dizaine de fois, il revient cette fois, à la tête de l’orchestre baroque de Fribourg et de nouveaux chanteurs associés au chœur de l’opéra de Lyon pour une version concert. A la clé de ce succès à chaque fois renouvelé au fil de la trilogie Mozart/Da Ponte, l’interprétation des musiciens sur instruments anciens. René Jacobs parle d’une « approche néo-classique » de l’œuvre de Mozart. Et c’est ainsi qu’au fil de la partition, il nous fait réentendre les grands tubes des « Noces » avec une nouvelle oreille.
René Jacobs de dos, Sophie Karthaüser, Konstantin Wolff, Rosemary Joshua, Pietro Spagnoli et le chœur de l'opéra de Lyon.

René Jacobs de dos, Sophie Karthaüser, Konstantin Wolff, Rosemary Joshua, Pietro Spagnoli et le chœur de l'opéra de Lyon.

© Bertrand Pichene/CCR Ambronay
La star, c’est l’orchestre
 
Le placement des musiciens sur la scène donne tout son relief à la partition : les cordes d’un côté, les bois et cuivres de l’autre sur le même plan et le pianoforte au centre. Une grande clarté des sonorités, des tempi très enlevés. La star de la soirée, c’est lui, l’orchestre. Sans oublié, les jeux facétieux des récitatifs au pianoforte et violoncelle. Ces accompagnements dopent sans aucun doute le jeu des chanteurs dans leur expressivité, en particulier Sophie Karthaüser (Susanna) qui fit ses débuts à l’académie baroque d’Ambronay sous la direction de William Christie en 1998 et Anett Fritsch (Cherubino) riche en ornementations de ses airs. Les autres solistes, Rosemary Joshua (la comtesse), Pietro Spagnoli (le comte) et Isabelle Poulenard (Marcellina) ont développé un jeu mélodique brillant. Konstantin Wolff en Figaro a semblé un peu tendu sur le début de la soirée, mais l’allégresse de l’œuvre a fait son travail et emporté l’enthousiasme d’un public régénéré par cette écoute de l’un des plus riches opéras de Mozart, terrain idéal pour l’énergie et la finesse de direction du maître, René Jacobs.



Reprise : « Les Noces de Figaro », direction René Jacobs, l’orchestre de Fribourg, même distribution avec le jeune chœur de Paris, en version concert à la salle Pleyel (Paris) le 11 octobre 2013.