"Der Zwerg" : cruauté, passion et humanisme à l'Opéra de Nancy

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/06/2013 à 17H07
Erik Fenton et Helena Juntunen dans l'opéra "Der Zwerg" de Zemlinski

Erik Fenton et Helena Juntunen dans l'opéra "Der Zwerg" de Zemlinski

© Capture d'écran Culturebox

La saison lyrique de l'Opéra de Nancy s'achève en beauté avec une oeuvre méconnue de l'allemand Zemlinski : "Der Zwerg". Une tragédie en un acte du début du XXe siècle mettant aux prises un nain monstrueux et une princesse au coeur de pierre pour les mélomanes exigeants. L'occasion aussi de dresser le bilan d'une année qui a attiré un public de plus en plus nombreux et hétérogène ...

L'histoire : La princesse Donna Clara se voit offrir un curieux présent pour son anniversaire : un nain vivant qui n'a pas conscience de sa difformité. Tombé amoureux de la princesse et se prenant pour un beau chevalier, il lui fait sa déclaration d'amour. Mais la princesse, cruelle, lui fait tendre un miroir par sa camériste Ghita pour lui révéler sa laideur. 

Le compositeur allemand Alexander von Zemlinsky, devenu au début du XXe siècle directeur de l'Opéra de Prague, est l'un de ces personnages peu connus qui ont pourtant beaucoup apporté dans la modernisation de l'Opéra. Encensé par ses contemporains Hindemith, Weill ou encore Stravinsky, il devient très vite, outre un grand chef d'orchestre, un compositeur de talent. Avec "Der Zwerg", l'une de ses plus grandes oeuvres avec "Une tragédie florentine" et la "Lyrische Symphonie" , il nous montre les ravages de la passion dans un monde qui refuse d'accepter la différence. C'est dire si c'est d'actualité ...

Reportage de P. Germain, L. Parisot, G. Boulanger
Ecrit en 1921 à la suite d'une rupture douloureuse, "Der Zwerg", adapté du roman d'Oscar Wilde "The Birthday of the Infanta" se nourrit probablement de l'expérience malheureuse du réalisateur dont le nain apparaît comme un avatar. Cet opéra, qui a obtenu un grand succès lors de sa première à Cologne puis a été repris à Berlin, Prague et Vienne, reste curieusement relativement peu joué, peut-être à cause de la volonté du compositeur d'associer la cour à une musique diatonique (qui procède de demi tons en demi tons) s'inspirant de Ravel. Seule le nain et Ghita, la seule personne vraiment humaine de la cour ont droit à une musique plus lyrique. Un bel
Alexander Von Zemlinski - "Der Zwerg" : scène du miroir
"Der Zwerg" à l'Opéra de Nancy
1 Rue Sainte-Catherine 
Tél : 03 83 85 33 20
Représentations le 21, 25, 27 et 29 juin 2013 à 20h et le 23 juin 2013 à 15h