Décès du compositeur new-yorkais Elliott Carter

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/11/2012 à 10H38
Elliott Carter (à gauche) reçoit le prix "Juilliard Meda," de Bruce Kovner, président de l'école Juilliard, en mai 2005

Elliott Carter (à gauche) reçoit le prix "Juilliard Meda," de Bruce Kovner, président de l'école Juilliard, en mai 2005

© Stan Honda/AFP

Le compositeur américain d'avant-garde Elliott Carter, qui a remporté par deux fois le prix Pulitzer de musique durant une carrière s'étendant sur près de huit décennies, est décédé à New York à 103 ans, a annoncé sa maison de disques mardi.

Carter a composé 158 oeuvres, de Symphonie No.1 (1942) et Holiday Overture (1944) à Dialogues II, écrite cette année et jouée en avant-première en octobre dernier en Italie, et Instances, prévue pour février 2013.

Né à New York le 11 décembre 1908, il a découvert la musique classique grâce à son ami et mentor Charles Ives et l'a étudiée sous l'aile de Walter Piston à l'Université d'Harvard puis de Nadia Boulanger à Paris. Il a été couronné par deux fois par le Pulitzer pour son Quatuor à cordes numéro 2 (1960), puis son Quatuor à cordes numéro 3 (1973) ainsi que le prix de musique allemand Ernst von Siemens et le prix musical de la fondation monégasque Prince Pierre. Premier compositeur à recevoir la "National Medal of Arts" américaine en 1985, il a été fait Commandeur dans l'Ordre des Arts et des Lettres par la France, où il a travaillé entre 1932 et 1935, auprès de Nadia Boulanger à l'Ecole normale de musique de Paris.

Rencontre entre la soliste Aliasa Weilerstein et Elliott Carter

Reconnu par ses pairs, comme un éminent artiste
Elliott Carter a été décrit par le compositeur Aaron Copland, lui-même un des grands compositeurs américains du 20e siècle, comme "l'un des artistes les plus éminents dans tous les domaines de la création". Le compositeur new-yorkais a écrit entre 1950 et 1995 cinq quatuors à cordes, forme classique qu'il a revisitée de manière radicale, avec une complexité rythmique qui est sa marque de fabrique. Son double concerto pour clavecin, piano et deux orchestres de chambre de 1961 et son concerto pour piano de 1967 ont été qualifiés de "chefs d'oeuvre" par le compositeur russe Igor Stravinsky.

En 2008, Carter a fêté son 100e anniversaire au Carnegie Hall de New York où une de ses nouvelles oeuvres a été jouée par l'Orchestre symphonique de Boston. "La grande gamme et diversité de sa musique a, et continuera d'avoir, une influence sur d'innombrables compositeurs et interprètes du monde entier", a déclaré la maison de disques Boosey & Hawkes.