Après quatre mois d'absence, Jonas Kaufmann retrouve sa voix dans "Lohengrin"

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/01/2017 à 13H13, publié le 19/01/2017 à 11H16
Jonas Kaufmann et Martina Serafin dans "Lohengrin", Janvier 2017

Jonas Kaufmann et Martina Serafin dans "Lohengrin", Janvier 2017

© E. Bauer / Opéra National de Paris (Saison 2016-2017)

Le ténor star Jonas Kaufmann a fait mercredi soir son retour sur scène dans "Lohengrin" à l'Opéra de Paris, après plus de quatre mois d'absence pour soigner ses cordes vocales, a constaté l'AFP.

Le ténor allemand avait dû annoncer fin septembre, après des annulations en série, son retrait de la production des "Contes d'Hoffmann" à l'Opéra de Paris, expliquant qu'un hématome sur ses cordes vocales lui imposait un repos complet. A 47 ans, Jonas Kaufmann est au firmament de l'art lyrique, avec une voix exceptionnelle qui lui ouvre un très large répertoire, de Wagner aux opéras véristes et aux Lieder de Schubert. Son physique de beau ténébreux et ses talents d'acteur en font un des chanteurs les plus demandés de la scène lyrique internationale.

Un opéra exigeant

"Redémarrer dans Lohengrin après quatre mois, presque cinq mois d'arrêt n'est pas forcément idéal", avait-il reconnu dans un entretien à l'AFP quelques jours avant la première de mercredi soir. Lohengrin est notoirement exigeant, avec 3h30 de scène et une partition qui requiert alternativement douceur et puissance. "Mais j'aime Lohengrin, surtout dans cette configuration avec Claus Guth (metteur en scène) Philippe Jordan (chef de l'Opéra de Paris) et cette distribution (René Pape, Martina Serafin, Evelyn Herlitzius)" avait souligné le chanteur.

"Je suis à la recherche d'une interprétation qui fasse comprendre la tragédie mais aussi la fragilité du personnage, son humanité"

"Ce n'est pas ma première production de Lohengrin mais c'est ma production préférée (créée à Milan en 2012, ndlr), souligne-t-il. "Je suis à la recherche d'une interprétation qui fasse comprendre la tragédie mais aussi la fragilité du personnage, son humanité". Le ténor a relevé le défi mercredi, d'autant que la mise en scène le fait débuter couché sur le plateau et dos au public au premier acte! C'est au troisième acte, où son rôle est écrasant, qu'il a déployé au maximum les nuances d'un timbre riche et profond et d'un jeu plein d'émotion.

Claus Guth s'est inspiré pour sa mise en scène de l'histoire de Kaspar Hauser, cet adolescent "sauvage" mystérieusement apparu à Nuremberg en 1828, dont l'origine reste une énigme. "Je trouve ça formidable parce qu'on comprend pourquoi Lohengrin est dans cet état d'incompréhension du monde dans lequel il arrive. Il est presque autiste", explique Jonas Kaufmann. Le ténor a compris la leçon de son accident vocal. "Si cela m'arrive de nouveau, il faudrait m'arrêter plus tôt", dit-il. "C'est toujours une recherche entre le chant qui préserve la voix et la santé, et la meilleure interprétation possible (...) Vous devez chercher un équilibre. Je vais peut-être devoir davantage ménager ma voix".

Lire la critique de Bertrand Renard