A la Scala, Daniel Barenboïm et Stéphane Lissner réduisent leurs salaires

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/06/2012 à 14H05
Daniel Barenboïm (à gauche) et Stéphane Lissner (à droite) à Milan (1er juin 2012)

Daniel Barenboïm (à gauche) et Stéphane Lissner (à droite) à Milan (1er juin 2012)

© Antonio Calanni/AP/SIPA

Le patron de la Scala Stéphane Lissner a accepté de réduire son salaire de 10% et va être suivi en ce sens par le chef d’orchestre et directeur artistique Daniel Barenboïm, ont rapporté mardi les médias italiens

Les onze membres de l’équipe de direction du grand opéra milanais, dont le directeur des chœurs, le directeur de ballet et le chef du service de presse, ont accepté la même mesure.

"Afin de soutenir et aider le théâtre, nous avons décidé de diminuer notre salaire de 10%. D'un point de vue économique, cela ne résoudra pas la  situation, mais en cette période, c'est un geste pour envoyer un message clair à tous : nous voulons chercher toutes les solutions pour soutenir le théâtre, au moment où son équilibre financer est incertain", a expliqué le Français  Stéphane Lissner, arrivé à la tête de la Scala en 2005 et reconduit lundi dans ses fonctions pour cinq ans.

Daniel Barenboïm réduit son cachet de 10%
Daniel Barenboïm, qui est rétribué au cachet, a accepté que celui-ci soit réduit de 10%. Déjà, lorsqu’il avait été nommé directeur musical de la Scala en décembre dernier, le célèbre chef d’orchestre israélo-argentin n’avait « pas demandé d’augmentation », a souligné le directeur général de la Scala.

Lors du conseil d'administration qui a décidé la reconduction de Stéphane Lissner, un administrateur avait évoqué le coût des émoluments de ce dernier. Certains parlent d'un million d'euros par an. Le maire de gauche de Milan, Giuliano Pisapia, qui est également président de la Scala, avait, semble-t-il, poussé en faveur d'un tel "geste" de la part des dirigeants.

Depuis l'arrivée de Stéphane Lissner à la tête de la Scala, le nombre de représentations a doublé, les recettes sont passées de 15 millions à 32 millions d'euros, selon les prévisions pour 2012, malgré une baisse des contributions de la province et de l'Etat.

Le déficit diminue, les subventions baissent aussi
Alors que le déficit prévu début 2012 était de 7 millions d'euros, il est descendu à 4,5 millions grâce aux sponsors, aux économies et la hausse des recettes. Mais "les aides publiques continuent de baisser et cela met un peu en péril le théâtre et sa production artistique, tant du point de vue qualitatif que quantitatif", a expliqué son dirigeant, qui ne cesse d'appeler les pouvoirs publics à ne pas sacrifier la culture en ces temps de crise.