Tollé après des propos du compositeur Mantovani jugés machistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/10/2013 à 15H15
Bruno Mantovani, compositeur et chef d'orchestre, ici recevant sa Victoire du Meilleur compositeur de l'année en 2009.

Bruno Mantovani, compositeur et chef d'orchestre, ici recevant sa Victoire du Meilleur compositeur de l'année en 2009.

© jean-Christophe Vergaegen / AFP

Les propos de Bruno Mantovani, 39 ans, directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, tenus la semaine passée sur France Musique, ne passent pas. Jugée sexiste, sa tirade sur la parité dans la culture et le métier de chef d'orchestre pour les femmes a déclenché une vague de réactions indignées sur les réseaux sociaux qui ne semble pas s'apaiser.

Bruno Mantovani, lui même compositeur et chef d'orchestre, était interrogé sur  l'enquête de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) sur la parité dans la culture. Selon cette enquête intitulée "Où sont les femmes ?", seulement 17 femmes dirigeront un orchestre lors des 574 concerts de la saison en France.

Les propos controversés de Mantovani sont à écouter ci-dessous : Mantovani évoque "le problème de la maternité"
"Moi je suis un tout petit peu dérangé par tous les discours sur la parité et les discriminations positives", déclare M. Mantovani, qui reconnaît une seule discrimination possible, celle du concours. Il explique que "le métier de chef d'orchestre est compliqué" et note que "les femmes ne sont pas forcément intéressées". "Je ne peux pas mettre une baïonnette derrière chaque étudiante du conservatoire qui aurait des capacités de direction pour la forcer à faire ce métier-là", dit-il.
   
Mais le passage qui a le plus fait réagir les internautes est celui où M. Mantovani déclare: "Il y a aussi la problème de la maternité qui se pose, une femme qui va avoir des enfants va avoir du mal à avoir une carrière de chef d'orchestre qui va s'interrompre du jour au lendemain pendant quelques mois, et puis après j'allais dire vulgairement assurer le service après-vente de la maternité, élever un enfant à distance ce n'est pas simple". Le directeur du CNSMDP évoque aussi "un frein physiologique: le métier de chef est parfois très éprouvant, certaines fois les femmes sont découragées par l'aspect très physique".
Les réseaux sociaux outrés
Sur Twitter, des dizaines de personnes ont relayé le message "Dans le monde  merveilleux de Bruno Mantovani les femmes ne sont pas chefs d'orchestre et  c'est très bien comme ça", d'autres évoquant son "sexisme ordinaire" et son  "machisme".

Mantovani se défend
Devant l'émotion, le patron du conservatoire a publié une mise au point sur la page Facebook du Conservatoire, où il s'insurge contre "le procès en  machisme qui m'est fait", en rappelant qu'il a "dédié quatre oeuvres à Laurence Equilbey, a enregistré un disque avec Susanna Mälkki, a demandé à l'Opéra de Paris d'engager cette dernière pour son premier ouvrage scénique à l'Opéra Bastille et travaille actuellement à un projet de mélodrame avec Claire  Gibault", toutes des chefs d'orchestre reconnues.

 
Il maintient toutefois l'"opinion personnelle" selon laquelle la maternité  est "une question qui se pose en général au moment même où une carrière débute  pour un chef", et s'il regrette "l'expression malheureuse" du "service  après-vente", il réitère "qu'une mère peut difficilement conjuguer une carrière  internationale de chef et une maternité récente", et que "le rapport d'un  enfant à sa mère n'est pas le même que celui à son père".