Quel festival êtes-vous, Maxime Pascal ?

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/07/2014 à 09H39
Maxime Pascal, lauréat du prix des jeunes chefs Nestlé et Festival de Salzbourg, ici en mars 2014

Maxime Pascal, lauréat du prix des jeunes chefs Nestlé et Festival de Salzbourg, ici en mars 2014

© Doris Wild & Team

Plutôt Mozart ou Pierre Boulez ? Smoking ou short espadrilles ? Petite chapelle romane ou gazon-moustiques ? Aix ou Salzbourg ? Pendant tout l'été, quelques-uns parmi les plus grands artistes classiques nous dévoilent leurs choix. Aujourd'hui : Maxime Pascal, fondateur de l'orchestre Le Balcon.

Votre meilleur souvenir de festival ?
Il y en a deux : le premier, c'était l'année dernière au Festival Berlioz à la Côte Saint-André, en Isère. C'est un souvenir fabuleux : nous étions face à 1000 personnes en plein air et avons joué le "Marteau sans maître" de Pierre Boulez et la "Symphonie fantastique" de Berlioz réorchestrée par Le Balcon, avec des synthés et des sons électroniques. C'était le concert gratuit du festival, où affluent tous ceux qui ne peuvent s'offrir les concerts du château. C'est à peine croyable : le public applaudissait entre les mouvements, on a eu une "standing ovation" à la fin, un énorme succès ! C'était les gens de la région, pas les festivaliers habituels. A la fin du concert, tout le monde était convié à un grand cocktail, où entre deux verres de vin, les gens ont pu s'exprimer sur le concert.
 
Alors, ont-ils aimé ?
Si "La symphonique fantastique" a séduit tout le monde, le "Marteau sans maître" a, lui,  désarçonné. Non, il n'a pas plu. Mais ils étaient vraiment tous contents de l'avoir entendu. Je suis vraiment reconnaissant à ce festival ! Le deuxième souvenir merveilleux est associé au festival de Cordes sur Ciel, c'est le premier festival qui a invité Le Balcon, c'est là qu'on expérimenté du répertoire ancien avec un orchestre sonorisé comme Le Balcon. Super !  
Ambiance de Festival sur la Hofstallgasse, à Salzbourg

Ambiance de Festival sur la Hofstallgasse, à Salzbourg

© SF/Kolarik
 
Quel est votre festival cet été ?
Je serai au Festival de Salzbourg, car j'ai gagné le concours de jeunes chefs du festival en mars dernier. Ils m'ont invité à diriger La Cenerentola de Rossini pour les enfants, ainsi qu'un concert avec le Gustav Mahler Jugend Orchestra. Je suis là pendant 2 mois, c'est génial !
 
Comment choisit-on le festival où se produire ?
On ne choisit pas, on est choisi !
 
Qu'est-ce qui coince dans un festival ?
Ce qui ne va pas dans les festivals – mais c'est aussi le cas pour de nombreuses salles ou des orchestres – c'est le côté extrêmement standardisé du circuit et de la production. C'est catastrophique, cette homogénéisation de la production, de l'achat des concerts, la logique d'invitations. C'est extrêmement pauvre, indigent. Moi, je me suis construit également contre ça. En revanche, ça n'empêche pas qu'on puisse avoir de très bons festivals même ainsi standardisés. C'est le cas du Festival d'Aix-en-Provence, un grand festival que j'aime beaucoup mais qui est très standardisé, où aucune marge de manœuvre n'est offerte pour faire autre chose ou différemment.
 
Le Festival de Salzbourg où vous êtes invité n'est-il pas comparable, voire plus "standardisé" que celui d'Aix-en-Provence ?
Je ne sais pas. Moi j'ai découvert à Salzbourg un public très éloigné du côté "bourgeois" parisien que l'on voit à Aix : des gens certes extrêmement aisés, mais dont la culture et le rapport à la musique sont tels que c'est particulièrement fort de diriger devant eux. J'ai senti, en les observant, l'amour de la musque qu'ils sont en train d'écouter. 

Maxime Pascal dirigera "Cenerentola pour enfants" d'après Rossini au Festival de Salzbourg, du 26 juillet au 29 août 2014