Maxim Vengerov : "Le violon, c'est la continuation de mon coeur"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/04/2014 à 15H10
Maxim Vengerov, un des meilleurs violonistes au monde, lors de son passage à Lyon

Maxim Vengerov, un des meilleurs violonistes au monde, lors de son passage à Lyon

© France 3 Culturebox

Revenu sur le devant de la scène après une parenthèse de trois ans, le violoniste russe Maxim Vengerov est en tournée en France. Plus que jamais, il semble mériter son titre de "meilleur violoniste du monde", les épreuves ayant encore enrichi ses interprétations. De passage à Lyon le 16 avril, il sera le 16 juillet prochain à Martillac en Gironde à l’occasion des Rencontres musicales de Graves.

Reportage : Farid Haroud, Sylvie Adam, Valérie Bonnier
Le parcours de Maxim Venderov aurait pu être très linéaire, une avenue tracée vers le succès, sans heurts, ni surprise. Mais la vie est facétieuse, obligeant chacun, y compris les plus doués, à se remettre en question.
 
Un talent inné


Maxim Venderov est né à Novossibirsk, en Sibérie dans une famille de musiciens : père, hautboïste à la Philharmonie et mère chef de chœur. Il joue très tôt du violon, avec un premier concert à l’âge de 5 ans. A 10, il remporte le concours Wieniawski de Poznan, participe à des récitals, joue avec des orchestres étrangers dont le Philharmonique de la BBC.
 
En 1995, il a 21 ans quand il remporte les Gramophone Awards du meilleur enregistrement de l'année et du meilleur enregistrement de concert de l'année pour ses concertos de Chostakovitch et Prokofiev. Les prix, concerts, et disques vont s’enchaîner, le succès est là, évident, immense. Dans les années 2000, le charme s’émousse, son talent semble avoir brûlé face au succès.
En 2007, patatras : accident sportif, lésion à l’épaule et perte du contrôle de la main droite. Maxim Vengerov abandonne l’archet. Il réalise alors son rêve d’enfant : être chef d’orchestre. Il travaille la direction avec Veg Papian et collabore avec une trentaine de grande symphonies. En 2010, il est opéré de l'épaule (les médecins ont mis du temps à identifier le problème). Et fin 2011, il fait son retour, archet en main, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Un retour d’autant plus attendu et médiatisé que tout le monde pensait sa carrière de violoniste définitivement rangée au placard.
 
De l'aveu même du violoniste, cette parenthèse de quatre ans aura été salutaire. Son jeu a gagné en profondeur, en maturité. "Mon expérience de chef a élargi ma compréhension. Après mon opération, j’ai dû réapprendre. A présent, je cherche l’intonation juste et me repose dessus, sans gaspiller mon énergie en gestes inutiles".