Le plus célèbre portrait de Jean-Sébastien Bach revient à Leipzig

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/06/2015 à 15H46
Le portrait de JS Bach réalisé en 1748 dévoilé à Leipzig vendredi 12 juin 2015. Avec le chef d'orchestre britannique John Eliot Gardiner en haut à droite.

Le portrait de JS Bach réalisé en 1748 dévoilé à Leipzig vendredi 12 juin 2015. Avec le chef d'orchestre britannique John Eliot Gardiner en haut à droite.

© PETER ENDIG / DPA / AFP

Le plus célèbre portrait de Jean-Sébastien Bach est revenu vendredi à Leipzig (est de l'Allemagne), la ville où il a été peint et où le compositeur a passé la majeure partie de sa vie. Signé Elias Gottlob Haussmann et réalisé en 1748, ce tableau a été légué à la ville par un collectionneur américain passionné.

L'église Saint Nicolas était comble pour accueillir son retour

"Bach est de retour chez lui !". Les larmes aux yeux, la fille du collectionneur américain William H. Scheide, décédé en novembre 2014, a adressé vendredi soir un dernier "au revoir" au tableau dans l'enceinte de l'église Saint Nicolas, dans le centre historique de Leipzig.

C'est là que le compositeur, décédé dans la ville à 65 ans en 1750, a donné les premières de certaines de ses plus grandes oeuvres, comme la Passion selon St Jean ou les cantates de l'Oratorio de Noël.

Vendredi soir, les travées de l'église étaient combles, comme elle devaient l'être au jour de ces créations, pour accueillir LA toile: ce portrait signé Elias Gottlob Haussmann et réalisé en 1748 à Leipzig alors que le compositeur était âgé de 60 ans.


Un accueil digne d'une star

Les chuchotements dans l'assistance ont commencé à enfler à mesure que le tableau recouvert d'un drap blanc rejoignait le choeur de l'église, la plus grande et la plus ancienne de la ville. 

Et ce sont des applaudissements nourris qui ont salué le moment où le chef d'orchestre britannique et président des Archives Bach de Leipzig, John Eliot Gardiner, accompagné des proches de M. Scheide, a révélé à l'assistance le portrait. Comme dans un concert rock, certains brandissaient leurs téléphones mobiles pour immortaliser l'apparition de la "star".

Sur la place du marché, dominée par l'ancien hôtel de ville Renaissance, les amateurs de Bach étaient venus assister sur écran géant à l'évènement, qui était suivi d'un concert. "Bach a vécu longtemps ici (27 ans ndlr), beaucoup créé, et ce tableau, quand on le regarde, raconte tellement que c'est vraiment particulier de le retrouver: Bach est encore plus intensément là", estimait Marianne Schulze, une spectatrice.

"C'est un grand moment de l'histoire de la ville de Leipzig, un grand moment pour l'Allemagne mais aussi pour tous ceux qui à travers le monde estiment et admirent l'héritage musical de Bach", a déclaré M. Gardiner, chaudement applaudi.


Une oeuvre estimée 2,5 millions de dollars

Le chef, un des grands spécialistes mondiaux de Bach, a lui-même une histoire très personnelle avec ce tableau qui ornait le premier étage de la maison de ses parents, dans le Dorset (Grande-Bretagne), alors qu'il avait à peine dix ans.

La toile appartenait à l'époque à Walter Jenke, un Juif allemand qui avait fui le nazisme en 1936, et l'avait confiée aux Gardiner pour la préserver des raids de la Luftwaffe sur Londres.

Cette oeuvre représente à la fois "le côté autoritaire", le "sérieux" de Bach et de sa musique, mais parallèlement, aussi, "l'incroyable joie" qui se dégage de ses mélodies et "le goût de la vie de ce père de 20 enfants qui aimait son vin, sa bière et bien manger", a dit M. Gardiner.

La toile, estimée à 2,5 millions de dollars, est devenue le portrait officiel du compositeur. Elle orne les affiches, drapeaux et programmes du festival Bach qui ouvrait vendredi soir, à Leipzig.

Le portrait va être exposé au sein du Musée des Archives Bach de Leipzig et M. Gardiner se réjouissait déjà qu'il devienne "un aimant pour tous ceux qui visitent la ville et pour tous les amoureux de Bach".