Le pianiste turc Fazil Say voit sa condamnation pour insulte à l'islam annulée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/10/2015 à 15H48
Le pianiste Fazil Say ici en concert le 9 mars 2014 à Beyrouth.

Le pianiste Fazil Say ici en concert le 9 mars 2014 à Beyrouth.

© BILAL JAWICH / ANADOLU AGENCY

La cour suprême d'appel turque a annulé, au nom du droit à la libre expression, la peine de dix mois de prison avec sursis infligée en 2013 au pianiste virtuose turc Fazil Say pour insulte aux valeurs religieuses, a rapporté ce lundi 26 octobre la presse turque.

Dans son jugement cité par les quotidiens Hürriyet et Radikal, la 8e chambre de cette haute instance a jugé que les tweets controversés qui avaient motivé sa condamnation relevaient de "l'exercice normal de la liberté d'expression".

Pression du conservatisme religieux

Athée revendiqué et critique du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis treize ans dans son pays, Fazil Say a été condamné en 2013 pour une série de commentaires sur Twitter jugés "injurieux envers les valeurs religieuses". "Vous dites que des flots de vin coulent au paradis. Est-ce que le paradis est une taverne ?" ou "vous dites qu'il y a au paradis deux houris (femmes vierges) pour chaque croyant. Est-ce que le paradis est un bordel ?", avait écrit le musicien en citant des vers d'Omar Khayyam, grand poète persan du XIe siècle.
Manifestations de soutien à Fazil Say en octobre 2012 à Istamboul.

Manifestations de soutien à Fazil Say en octobre 2012 à Istamboul.

© STR / AFP

Cette condamnation avait suscité de nombreuses critiques contre l'actuel régime turc, accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire et islamiste. "La pression du conservatisme religieux est de plus en plus forte et je pense qu'il est temps pour moi de m'installer au Japon", avait lancé l'an dernier Fazil Say dans un entretien accordé à un journal turc.

Après la décision de la Cour suprême d'appel, le tribunal qui a condamné le pianiste peut définitivement l'acquitter ou alors décider de le rejuger.