La Roque d'Anthéron, un festival découvreur de "pépites" de la musique classique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/08/2015 à 09H34
Le Festival de la Roque d'Anthéron.

Le Festival de la Roque d'Anthéron.

© Franck Pennant/PHOTOPQR/LA PROVENCE

En musique classique, les festivals de l'été sont souvent l'occasion de faire éclore des talents émergents. C'est particulièrement vrai, en piano, pour le Festival de la Roque d'Anthéron. Car s'il attire les plus grands interprètes, depuis 35 ans, ce festival créé par René Martin, est aussi devenu un "vivier" reconnu des futures stars du classique.

"Ma préoccupation était d'en faire une référence pour les jeunes pianistes. Pas un festival où l'on invite que les stars. Dès le début sont venus des  pianistes, jeunes ou moins jeunes, qui commençaient des carrières", explique René Martin, également créateur des "folles journées de Nantes" qui ont essaimé à travers le monde, jusqu'au Japon. 

Christian Zacharias, Nelson Freire, Abdel Rahmane El Bacha

Le pianiste allemand Christian Zacharias fait partie des premiers talents découverts à la Roque et le Brésilien Nelson Freire y a démarré une carrière internationale de même qu'Abdel Rahmane El Bacha.
Michel Onoratini, vice-président du Festival International de Piano, René Martin, directeur artistique et Jean-Pierre Onoratini, président du festival, en 2010

Michel Onoratini, vice-président du Festival International de Piano, René Martin, directeur artistique et Jean-Pierre Onoratini, président du festival, en 2010

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
"J'ai contribué à le faire, mieux connaître, c'est une des missions du festival, de montrer à quel point ce sont de très grands artistes même s'ils n'ont pas la notoriété", ajoute avec modestie le directeur artistique du festival.

"Nicolaï Lugansky est venu jouer ici pour la première fois en France il y a plus de 20 ans. Il y a rencontré le directeur d'Erato qui a produit ses disques et a commencé à être connu grâce au festival", se souvient encore René Martin.

Pépinière

Chaque année les stars du piano classique côtoient sous les arbres centenaires de cette salle de concert en plein air, de jeunes inconnus qui sont les espoirs repérés par René Martin. Pour les trouver, "il y a les concours internationaux qu'on peut suivre désormais en direct par internet et tous les disques des grands concours qui  permettent de découvrir beaucoup de pianistes", dit René Martin qui a par  ailleurs tissé un réseau de contacts à travers le monde. "J'ai une relation  privilégiée avec tous les professeurs des grandes institutions. Cela me permet de rentrer en contact avec des pianistes extrêmement prometteurs".

Comme le Russe Youri Favorin qui vient depuis 2013. "Je l'ai connu grâce à un immense professeur russe, Elisso Virzaladze", rappelle René Martin. Le festival a lui même créé "une pépinière avec les ensembles en  résidence", qui réunissent professeurs renommés et élèves, sélectionnés dans  les plus grands conservatoires. Le violoniste Renaud Capuçon a fréquenté ces "master-class" à 17 ans. Et le trois membres du "Trio Wanderer", l'un des meilleurs orchestres de musique de chambre, y reviennent chaque année y  enseigner après en avoir été eux-aussi élèves.

Alexander Malofeyev, 13 ans

Les classes sont "un vivier extraordinaire", et construisent "une relation  très privilégiée avec tous les artistes", s'enthousiasme René Martin. Rencontré lors de stages, "Adam Laloum "fait une carrière magnifique". Nicholas Angelich  "étudiait aux ensembles en résidence puis il a participé petit à petit à un grand cycle des 32 sonates de Beethoven. Il a participé à toutes les aventures musicales que j'ai lancées". Fidèle, le pianiste américain qui fait dorénavant  une carrière mondiale "vient chaque année".

Pour leur début, les jeunes artistes  sont programmés à 18H00, avant le grand concert de 21H00, pour des concerts d'une heure destinés également a "attirer de nouveaux publics", avec un prix unique de 16 euros pour les adultes  et la gratuité pour les enfants les accompagnant. 
Voici Alexander Malofeyev en février 2015 lors de la "Vladimir Krainev Moscow International Piano Competition"
La vedette cette année en est le prodige russe Alexander Malofeyev, 13 ans.  "C'est la première fois que j'invite un pianiste de cet âge. Ca va être un  événement exceptionnel", promet René Martin pour lequel le jeune pianiste "est  une personnalité hors norme dont le jeu est "d'une beauté absolument inouïe" et  qui commence à faire beaucoup parler de  lui" en Russie.

Et parce qu'il a su établir avec son public "un capital confiance" qui  perdure, René Martin n'hésite jamais à programmer les jeunes espoirs du piano. "La Roque est le seul endroit au monde où un pianiste inconnu a au minimum 900  personnes qui l'écoute", constate-t-il.