Mort de Claudio Abbado, maestro humaniste

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/01/2014 à 10H26
Claudio Abbado en 1997

Claudio Abbado en 1997

© HERMANN WÜSTMANN / DPA / DPA/AFP

Le célèbre maestro italien Claudio Abbado qui a dirigé les plus grands orchestres du monde est décédé lundi à Bologne, dans le nord de l'Italie, a annoncé son entourage.

Agé de 80 ans, Claudio Abbado était malade depuis longtemps, et ses concerts avec l'orchestre Mozart de Bologne, qu'il dirigeait ces dernières années, avaient dû être annulés. Au mois de décembre déjà, le chef d'orchestre avait dû être remplacé au  pupitre de cet orchestre en raison de son mauvais état de santé. "Je l'ai appris, il y a peu, de l'un de ses médecins personnels", a déclaré Attilia Giuliani, présidente de l'association des fans de Claudio  Abbado, les "Abbadiani".

Une carrière fulgurante

Né le 26 juin 1933 à Milan, et fils d'un professeur de violon, il obtient en 1955 son diplôme en piano et direction d'orchestre au Conservatoire de Milan.

La première grande reconnaissance arrive avec le premier prix au concours Koussevitsky à Tanglewood (Massachussetts), grâce auquel il débute aux Etats-Unis dans le New York Philarmonic. 

Il fait ses débuts à la Scala de Milan deux ans plus tard, en 1960. Son ascension se poursuit avec en 1963, le prix Mitropoulous, du New York Philarmonic et il est invité par von Karajan à diriger le Philharmoniker de Vienne.
En 1968, il dirige le Covent Garden de Londres et le Metropolitan Opera House de New York. En 1971, il devient le directeur principal du Wiener Philharmoniker puis il dirige de 1979 à 1987 le London Symphony Orchestra. 

Son aventure artistique se poursuit à la tête du Staatsoper de Vienne (1986-1991) et de l'un des plus grands orchestres du monde, le Philharmoniker de Berlin.

Depuis 10 ans, il dirigeait l'orchestre qu'il a lui même créé, l'orchestre Mozart de Bologne.

Son répertoire de prédilection comprenait Mozart, Beethoven, Schubert, et la musique symphonique russe, mais ce sont, pour le New York Times, ses interprétations "particulièrement lyriques" de Mahler qui resteront à la postérité. 

Abbado prônait l'accès à la musique pour tous

Sous sa direction en 1972 à la Scala, sont inaugurés les "Concerts pour étudiants et travailleurs", témoignage de sa profonde volonté d'ouvrir au classique et à l'opéra les populations les moins favorisées. 

Claudio Abbado, écrit ce matin La Republica  "croyait à la fonction thérapeutique de la musique", qui pleure aujourd'hui le "révolutionnaire Claudio Abbado".

Directeur de la Scala jusqu'en 1986, il a contribué à une profonde rénovation de la programmation et des choix artistiques, en exhumant notamment des auteurs et des oeuvres oubliés.

Hommage unanime dans le monde

Le grand maestro avait été nommé en août dernier sénateur à vie par le  président de la République italienne, Giorgio Napolitano, en raison de ses  mérites. En décembre Claudio Abbado avait fait savoir qu'il renonçait à son indemnité de sénateur pour la consacrer au financement de bourses d'études de jeunes musiciens.
"Une pensée émue pour Claudio Abbado. Sa générosité envers Florence, sa  grandeur extraordinaire", a réagi immédiatement sur Twitter Matteo Renzi, maire  de Florence et chef du Parti démocrate (PD), principale formation de la gauche italienne.

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