De la Guerre de 30 ans à la Paix d’Utrecht (1613 - 1713)
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Dans le concert intitulé « Guerre et Paix en Europe à l’Epoque du Baroque » (1613-1713), le festival Musique et Histoire de Fontfroide évoque, à travers la musique, une des principales tragédies de la civilisation européenne.

Dans ce concert intitulé « Guerre et Paix en Europe à l’Epoque du Baroque » (1613-1713), est évoquée à travers la musique, l’une des principales tragédies de la civilisation européenne : l’usage constant d’une “Culture de la Guerre” comme principal moyen de résoudre les différences culturelles, religieuses ou territoriales. La présentation de la longue et triste succession de confrontations, de guerres, d’invasions, d’attaques, de massacres, d’agressions, de mises à sac et de combats entre peuples et ethnies différents ou fraternels, tout au long de l’histoire de l’humanité (et dans ce cas en Europe), nous démontre qu’il nous est nécessaire d’apprendre de nouveaux mécanismes relationnels pour résoudre les différences existant en un monde fécond en manières de faire, de parler, d’opiner, de penser.

Cette vaste fresque musicale partira de l’attaque des Ottomans contre les Hongrois en 1613 et les débuts de la Guerre de 30 ans. Par bien des tentatives d’invasion, d’incessantes escarmouches et des attaques répétées, les Ottomans envahissent et dévastent la Hongrie à diverses reprises. Quant à la guerre de Trente ans, elle a surgi pour de multiples causes et de par sa durée et sa violence, elle a lourdement pesé sur l’économie et la démographie de l’Europe centrale et de l’Espagne. Ces différents conflits armés que l’on a regroupés sous le nom de « guerre de Trente ans » ont déchiré l’Europe de 1618 à 1648, en opposant le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint Empire germanique, contre les États allemands protestants, en confrontant ce même Saint Empire et les puissances européennes voisines à majorité protestante avec diverses interventions de la France, pourtant principalement catholique.

Après avoir évoqué les perpétutels conflits aux Pays-Bas, la Paix de Prague de 1635 qui sans mettre fin à la guerre de Trente ans opèrera un changement dans les belligérants ; la guerre contre l’Espagne où les fronts des batailles changent géographiquement du nord au sud ; la guerre de l’Empire Ottoman contre Venise, la guerre civile en Angleterre, nation qui interviendra aussi sur la scène internationale au sein de cette guerre aussi longue que complexe ; la Paix des Pyrénées, la conquête de la Crète par les Ottomans, les Traités de Nimègue et de Ryswick et la guerre des Ottomans contre la Russie, ce concert se termine par les musiques célébrant le traité de Paix d’Utrecht, qui conclut en partie en 1713 la grande Guerre de Succession d’Espagne. Ce grand conflit qui a opposé les principales puissances européennes de 1701 à 1714, fut la dernière grande guerre de Louis XIV, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne et, à travers cette succession, la domination en Europe. Ce siècle de conflits où sont mêlés des luttes religieuses, des ambitions territoriales dans l’Europe chrétienne verra aussi la poussée du monde musulman vers l’Ouest et amènera à une nouvelle donne, où les états souverains s’imposeront face à des poches résiduelles féodales favorisant des monarchies absolues telles que celle de Louis XIV.

La musique, comme l’une des plus hautes expressions artistiques du “sentir” de l’humanité a accompagné constamment les hommes en temps de guerre comme en temps de paix. Ella a servi parfois à encourager à la guerre, elle a servi aussi à conclure la paix. Elle s’est retrouvée en première ligne aussi bien qu’aux tables de négociation ou autour de celles où ont été signés les traités de paix, quand les anciens ennemis ont enfin choisi de s’entendre. Si elle a pu exciter le bellicisme, elle a su aussi fomenter l’amitié, l’harmonie et le respect des uns pour les autres. En même temps, il devient évident que l’humanité a cherché et cherche solidairement à maintenir la paix comme une nécessité primordiale, comme une indispensable requête pour le développement de tous et de chacun des peuples de la planète. L’humanité tend à essayer, sans toujours y parvenir, de trouver par des moyens pacifiques et de la bonne volonté, des solutions aux problèmes que posent les inégalités, les discriminations, les injustices et d’appliquer des remèdes à tous les torts, aux misères et aux malheurs que souffre toute société subissant la guerre.

La musique est un moyen de faire prendre conscience des souffrances comme des espoirs que la guerre et la paix peuvent engendrer. Ce concert souhaite être un appel général et universel pour la paix en montrant l’absurdité des confrontations belliqueuses qui ne pourront cesser tant que ne s’applique pas une « culture de la paix ». En écoutant les musiques du monde entier, de toutes les traditions qui sont arrivées jusqu’à nous, leur beauté devrait nous inspirer l’horreur de la guerre comme le désir des bienfaits de la paix. Nous invoquons cette « culture de la paix » qui ne s’imposera que grâce à la recherche de solutions aux conflits par des moyens nouveaux, démontrant une nouvelle façon d’être humains.

L’histoire de ce siècle où les épisodes fastueux ont succédé aux épisodes sanglants et réciproquement, la musique toujours présente a sû adhérer aux états d’âme de leurs protagonistes que nous retrouvons dans ce concert.


JORDI SAVALL

Distribution

  • Date 19 juillet 2013
  • Durée 2h
  • Production Karl More Productions / Mezzo
  • Réalisation Benjamin Bleton
  • Chef d'orchestre Jordi Savall
  • Compositeurs Musiques de Guerre et de Paix ; Batailles instrumentales de Samuel Scheidt, John Jenkins, Philidor, Jean Baptiste Lully, Joan Cabanilles et anonymes turcs et les musiques pour la célébration de la Paix ; Da Pacem de Johann Hermann Schein, Johann Rosenmüller, Praise the Lord de John Blow et Jubilate Deo de J.B. Lullly et Georg Friedrich. Haendel (pour la Paix d'Utrecht 1713)
  • Solistes Outre dix chanteurs solistes de la Capella Reial de Catalunya, les instrumentistes d’Hespèrion XXI et du Concert des Nations, des musiciens invités de Bulgarie et de Turquie, tous dirigés par Jordi Savall
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