Festival Berlioz 2015 : le Théâtre antique de Vienne habité par le "Te Deum"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/08/2015 à 12H40
Le 21 août au Théâtre antique de Vienne, lors du "Te Deum" de Berlioz présenté dans le cadre du Festival Berlioz 2015.

Le 21 août au Théâtre antique de Vienne, lors du "Te Deum" de Berlioz présenté dans le cadre du Festival Berlioz 2015.

© JEFF PACHOUD / AFP

Le Festival Berlioz a réussi son pari en remplissant vendredi soir le 21 août le Théâtre antique de Vienne (Isère) pour une longue soirée consacrée au compositeur romantique, avec en point d'orgue un puissant "Te Deum" restitué par 800 musiciens et choristes.

"C'était LE projet du festival. On a pris Berlioz au mot. Et on a monté cette pièce comme il l'aurait voulu", avec toute sa démesure : un orchestre symphonique, deux choeurs d'oratorio et six cents enfants de la région, souligne l'organisateur Bruno Messina. Sur cette scène, qui accueille régulièrement les stars du rock et du jazz,  "c'est Berlioz superstar", relève Bruno Messina, en soulignant qu'avec 6.000 spectateurs le festival avait fait mieux que le dernier concert de Santana.

Revanche posthume pour Berlioz

C'est une revanche posthume pour Hector Berlioz, qui fut plus souvent raillé qu'encensé, du moins en France, de son vivant. Et dont nombre d'oeuvres furent des fours au moment de leur présentation. "Pour sa damnation de Faust, si importante aujourd'hui, la salle était aux  trois-quarts vide", a rappelé l'organisateur. "Il est mort en 1869 et il disait que 130 ans après sa mort, on  commencerait à apprécier sa musique. On y est", a relevé Bruno Messina.
Au sein du Théâtre antique de Vienne, le 21 août 2015.

Au sein du Théâtre antique de Vienne, le 21 août 2015.

© JEFF PACHOUD / AFP

La soirée, commencée à 18 heures avec trois orchestres de jeunes de l'Isère et terminée tard dans la nuit avec des variations jazz autour de l'oeuvre de  Berlioz, était centrée sur "un gala impérial" dont la pièce de choix était le Te Deum composé pour le sacre de Napoléon III. Un Te Deum, a souligné le maître de cérémonie Frédéric Lodéon, joué sur instruments d'époque et où le sens du détail a été poussé au point d'en restituer les paroles avec la prononciation du latin de l'époque !

La fascination pour Napoléon comme fil conducteur

Le Festival Berlioz continue jusqu'au 30 août, avec une série de concerts organisés pour l'essentiel dans la ville natale du compositeur, à la Côte-Saint-André (Isère). Tous ces spectacles ont cette année pour fil conducteur la fascination qu'avait Berlioz pour Napoléon 1er, dont on célébrait cette année le deux centième anniversaire du retour de l'île d'Elbe à travers l'Isère. Mais aussi ses tentatives, souvent vaines, pour s'attirer les faveurs de son neveu Napoléon III.

Pour son Te Deum, Berlioz avait ainsi repris les bribes d'une symphonie inachevée consacrée à Napoléon. Avec l'espoir déçu de le faire jouer pour le sacre de Napoléon III, puis pour son mariage. L'oeuvre avait finalement été donnée en 1855 à l'église Saint-Eustache, à Paris, à l'occasion de l'Exposition universelle.