Enchères : l'Association des Amis de Ravel dénonce la dispersion de ses archives

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/06/2016 à 17H39
Maurice Ravel (1875 - 1937).

Maurice Ravel (1875 - 1937).

© MARY EVANS/SIPA

L'Association des Amis de Maurice Ravel a lancé une pétition (www.boleravel.fr) pour le retour de tous les documents et biens disparus du compositeur au sein des archives françaises, alors qu'une vente aux enchères à Paris se tient ce vendredi 17 juin, après-midi.

La maison Alde a organisé le 17 juin à l'Hôtel Ambassador une vente de documents de musique dont des souvenirs de Maurice Ravel : manuscrits, lettres, enveloppes, partitions. La pièce maîtresse de cette vente est un manuscrit du début du célèbre Boléro, estimé entre 20.000 et 25.000 euros et finalement vendu 22.000 euros.

Les pages du très célèbre début du "Boléro" en vente 

Sur un grand feuillet de papier à 20 lignes, Ravel a noté à l'encre noire la partition d'orchestre des 7 premières mesures du Boléro. Le tambour donne le rythme de la pièce, soutenu par les pizzicati des altos et des violoncelles, puis la première flûte solo énonce le fameux thème. En marge du système de 9 portées, Ravel a noté le nom des instruments.

Le Boléro a été créé à l'Opéra le 22 novembre 1928, dansé par Ida Rubinstein, sous la direction de Walther Straram, puis le 11 janvier 1930 aux Concerts Lamoureux avec le compositeur à la baguette. Un manuscrit complet a été acquis par la Bibliothèque nationale lors de la vente des archives de Lucien Garban, le 8 avril 1992, précise la maison de vente.

Une dispersion dénoncée par l'Associaton des Amis de Maurice Ravel

L'Association des Amis de Maurice Ravel, fondée en 2012 "face au triste constat du désintérêt général quant à la tenue d'une commémoration du 75e anniversaire de la mort de Maurice Ravel" s'est fixée pour but de veiller sur la mémoire du compositeur.

Une grande partie des biens a été dispersée après la mort de son seul héritier, son frère Edouard Ravel, en 1960. Edouard Ravel avait légué à l'époque la maison du compositeur à Montfort-l'Amaury à la Réunion des Musées Nationaux, mais les Taverne, le couple de domestiques qui héritaient du reste des biens de Ravel, ont estimé que l'intégralité du contenu de la propriété leur revenait et a dispersé les biens.

Dans un article très documenté, le Figaro est revenu vendredi 17 juin sur "L'histoire d'un pillage organisé", rappelant que "dans l'hypothèse où les biens du Belvédère appartenaient à l'Etat dès1960, aucun vol n'est prescrit et les ventes des objets dérobés sont illicites". La maison de ventes Alde précise que le nom du vendeur est "confidentiel".