El Camino, l'orchestre qui amène les enfants des cités à la musique classique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/06/2016 à 11H50
Après seulement 8 mois d'existence, l'orchestre El Camino, composé d'enfants issus des quartiers populaires de Pau qui n'avaient jamais appris la musique, se produit maintenant en public

Après seulement 8 mois d'existence, l'orchestre El Camino, composé d'enfants issus des quartiers populaires de Pau qui n'avaient jamais appris la musique, se produit maintenant en public

© Culturebox / Capture d'écran

C’était un pari un peu fou. Monter un orchestre symphonique avec des enfants issus de quartiers sensibles de Pau, qui n’avaient jamais touché un instrument. Un pari réussi ! Huit mois après sa création, l’orchestre El Camino se produit en public. Un projet qui va au-delà de l’apprentissage de la musique

A la tête de véritable aventure, un chef renommé, Fayçal Karoui, directeur musical de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn, habitué des grandes salles de concert internationales. C’est lui qui depuis octobre dernier mène à la baguette les 127 enfants qui composent l’orchestre El Camino. Des jeunes issus des écoles de trois quartiers sensibles de la ville.

Reportage : F. Mathieux, Y. Goujon, B. Vidal

Pédagogie alternative

Pour réussir à faire jouer ensemble tous ses enfants qui n’ont jamais appris le solfège, le projet El Camino s’inspire de la pédagogie intensive et collective créée avec succès au Venezuela il y a 40 ans. Le principe est simple, l’apprentissage se fait collectivement, par mimétisme, avec leurs professeurs, mais aussi entre eux. Un apprentissage exigeant puisqu’ils doivent obligatoirement suivre 7h30 de cours chaque semaine. 

Et si El Camino a pour vocation de permettre à ces enfants des cités d’avoir accès à la musique symphonique, et plus largement à la culture, le projet ambitionne aussi de leur enseigner les valeurs républicaines de solidarité, de fraternité, de citoyenneté, d’exigence, mais aussi de fierté, et de confiance en soi.

Et de ce côté-là aussi les premiers bénéfices du programme se font sentir, à l’école notamment, où tous ces gamins, dont certains étaient en échec scolaire, sont plus respectueux entre eux, plus calmes, plus concentrés en classe, et surtout plus motivés et fiers de leur travail.