Dutilleux privé de plaque : Jack Lang "abasourdi" par cette "ânerie"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/03/2015 à 16H54
Henri Dutilleux à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) en 2013

Henri Dutilleux à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) en 2013

© Gérard Proust / MAXPPP

L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang s'est déclaré "abasourdi" par la décision de la mairie de Paris de reporter la pose d'une plaque commémorative en l'honneur du compositeur Henri Dutilleux, ajoutant que c'était une "ânerie".

"On est abasourdi par ce mélange d'incompétence et de veulerie. Comment peut-on ignorer qu'Henri Dutilleux, grand maître mondialement admiré et reconnu de la musique française, fut un des plus fervents et fidèles soutiens de François Mitterrand ?" s'est indigné Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe (IMA).
              
"Bien avant 1981, il était à nos côtés pour imaginer notre future politique de changement culturel. Ultérieurement, jamais il ne nous a manqué, y compris dans les pires moments", ajoute l'ancien ministre samedi dans une déclaration écrite. "Puisse une telle ânerie être rapidement réparée !" lance-t-il.
              
Henri Dutilleux est décédé en 2013 à l'âge de 97 ans. La pose d'une plaque sur l'immeuble où il a vécu sur l'île Saint-Louis, demandée par le maire du IVe arrondissement Christophe Girard (PS) en décembre 2013, n'a pas abouti à ce  jour.
              
L'Académie des Beaux-Arts a protesté
 
La mairie de Paris a mis en avant l'avis du Comité d'histoire, consulté avant toute pose de plaque dans la capitale. Celui-ci avait donné un avis  positif, mais avait rappelé qu'Henri Dutilleux avait écrit en 1942 une musique pour un film de propagande de Vichy.
              
La mairie a dès lors décidé de suspendre la pose d'une plaque dans un  contexte "marqué par les attentats de janvier et la commémoration de l'anniversaire de la libération des camps de concentration d'Auschwitz et Birkenau", selon Christophe Girard.
              
Henri Dutilleux était Grand-Croix de la Légion d'honneur. Il avait adhéré dès 1942 au Front national des musiciens, un organe de résistance qui a soutenu des compositeurs persécutés par les nazis.
              
L'Académie des Beaux-Arts a protesté contre la décision de la mairie et une pétition circule également.