Dudamel ovationné à Vienne lors du concert du Nouvel An

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox
Mis à jour le 03/01/2017 à 10H33, publié le 01/01/2017 à 14H21
Gustavo Dudamel dirige le Concert du Nouvel de Vienne le 1er janvier 2017.

Gustavo Dudamel dirige le Concert du Nouvel de Vienne le 1er janvier 2017.

© Dieter Nagl / AFP

Choisi comme d’usage par les musiciens de l’orchestre philharmonique de Vienne, le chef vénézuélien Gustavo Dudamel a réussi à 35 ans, son entrée à Vienne pour le très médiatisé concert du Nouvel An. Manifestement ému et heureux d’être là, il était en communion avec le public, qui l’a ovationné. Un concert mémorable à revoir sur Culturebox jusqu'au 7 janvier.

Gustavo Dudamel a été l’heureux élu cette année, à 35 ans, pour diriger le concert du Nouvel An de Vienne, le concert classique le plus médiatisé de la planète, à la suite d’immenses chefs comme Herbert von Karajan, Daniel Barenboim, Zubin Mehta, Lorin Maazel et Mariss Jansons.

Artiste engagé

Surdoué de la baguette, le vénézuélien Gustavo Dudamel, a été nommé à l’âge de 28 ans, à la direction de l’Orchestre de Los Angeles. Mais l’homme défend aussi très fortement une dimension sociale de la musique à travers le modèle vénézuélien "Sistema", dont il est lui-même issu, et qui accueille dans 230 conservatoires près d'un demi-million de jeunes défavorisés. Depuis 1999, Dudamel dirige l’Orchestre symphonique Simon Bolivar, créé en 1975, émanation de Sistema. Le Concert du Nouvel An de Vienne est pour Dudamel une consécration. Sous les ors de la Grande Salle du Musikverein, c’est un exercice imposé d’un grand classicisme, mais qui confère une aura particulière à ses chefs.
La magnifique Salle dorée du Musikverein de Vienne lors du Concert du Nouvel An le 1er janvier 2017.

La magnifique Salle dorée du Musikverein de Vienne lors du Concert du Nouvel An le 1er janvier 2017.

© HERBERT NEUBAUER / APA / AFP

Ce 1er janvier 2017, il a commencé avec une nouveauté dans le programme, "Nechledil March", un extrait de l'opérette "Wiener Frauen", de Franz Lehar. C’est la joie, et cela se lit sur le visage du chef vénézuélien. 

Les Strauss père et (trois) fils à l’honneur

Suit, plus doucement, la très célèbre "Valse des patineurs" de l’alsacien Emile Waldteufel, dit le Strauss français, avant de reprendre un tempo plus allant avec Johann Strauss fils et sa Polka évoquant joliment "la" ville impériale, Vienne. Visiblement heureux, douceur et sourire aux lèvres, Dudamel termine la première partie du programme avec une jolie polka hivernale de Josef Strauss, puis les "Hurlements souterrains de Mephisto" (si peu infernaux) de Johann Strauss et une Polka rapide.

Après l'entracte, une deuxième partie plus rituelle commence avec la "Dame de Pique" de Franz von Suppé et la valse de Carl Michael Ziehrer, Hereinspaziert !", extraite de son opérette "Der Schätzmeister" (en français "Le prêteur sur gage"). La suite est toujours émouvante : Dudamel dirige un extrait de "Die lustigen Weiber von Windsor", pièce de Otto Nicolai qui fut l’un des fondateurs du Philharmonique de Vienne et qui en dirigea le premier concert, avec le Chœur du Musikverein.

Retour à la famille Strauss : Johann d’abord avec la "Pepita Polka", suivie du quadrille de la Rotonde, du nom de cette danse à la mode en cette année de création 1873, à Vienne et de la Valse des Extravagants (Die Extravaganten"). A l’écran, les images éternelles de l’école espagnole d’équitation qui est l’un des symboles de Vienne, situé au cœur du quartier impérial.

En communion avec le public

Puis Johann Strauss le père, avec sa très célèbre polka rapide dite le "Galop des Indiens" et son autre fils Josef avec une polka mazurka, d’une grande poésie qui s’achève avec le son des oiseaux entonné par Dudamel lui-même. Johann Strauss revient faire danser avec une polka rapide ("Auf zum Tanze !"), puis la grande et profonde valse des "Mille et une nuit" (tirée de l’opérette "Indigo") avant de terminer le programme écrit avec la polka rapide "Tik Tak", petit bijou de deux minutes. A l’écran, les très belles images du Musikverein monumental et doré s’alternent avec des chorégraphies de danses et ballets dans les salons ou encore une visite du Musée de l’horlogerie de Vienne.

Gustavo Dudamel ne déroge pas à la tradition avec le premier rappel, après la remise du bouquet de fleurs : une polka très allante du troisième fils Strauss, Eduard, appelée "Avec Plaisir", très applaudie. Comme le veut l’usage, viennent enfin les vœux du chef qui, facétieux, esquisse les premières notes du "Beau Danube Bleu" de Johann Strauss fils, avant de souhaiter une bonne année en allemand. Puis il enchaîne le "tube" viennois par excellence qui fête ses 150 ans. Lors d'une conférence de presse, cette semaine, le jeune chef a confié qu'à l'écoute de ce morceau joué par le Philarmonique, il assure avoir le sentiment "de pouvoir gagner le paradis en paix". Enfin vient la traditionnelle "Marche de Radetzky" de Strauss père soutenu (comme de tradition) par le battement de mains du public, réellement conquis. Le très charismatique Dudamel se lâche, il est en communion avec les spectateurs, entre humour et enthousiasme. A 35 ans, le Vénézuélien vient de réussir son entrée dans la cour des grands du Concert du Nouvel An. Ovationné.