Daniel Barenboïm ovationné à Vienne, au concert du Nouvel An

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/01/2014 à 14H34
Daniel Barenboïm dirige le concert de Nouvel an à Vienne le 1er janvier 2014

Daniel Barenboïm dirige le concert de Nouvel an à Vienne le 1er janvier 2014

© Dieter Nagl / AFP

Daniel Barenboïm a été longuement ovationné mercredi à l’issue du traditionnel concert du Nouvel An à Vienne, qu’il dirigeait pour la deuxième fois.


Le concert de Nouvel An de Vienne est en replay sur Culturebox pendant une semaine.

Le maestro israélo-argentin avait déjà reçu en 2009 ce qu’il appelle "le plus beau cadeau pour un chef d'orchestre" : être choisi par les musiciens du Philharmonique de Vienne pour diriger ce concert de prestige sous les ors du Musikverein.
 
La 74e édition a battu un nouveau record, avec une diffusion télévisée dans 92 pays, soit une audience estimée entre 40 et 50 millions de téléspectateurs, ce qui est unique pour un spectacle de musique classique.
 
Au programme, Strauss père et fils… et Richard Strauss
Le programme était largement consacré, comme chaque année, à la gloire des valses, polkas, galops et marches de Johann Strauss père (1804-1849) et de ses trois fils Johann (1825-1899), Joseph (1827-1870) et Edouard (1835-1916).
 
Le concert du Nouvel An a fait une place, pour la première fois, à une oeuvre de Richard Strauss (1864-1949), le compositeur allemand sans lien de parenté avec la dynastie de musiciens viennois. L'orchestre a interprété en deuxième partie sa "Musique au Clair de Lune" tirée de l'opéra "Capriccio".
 
Lors du final traditionnel, le public a entendu la plus célèbre des valses, "Le Beau Danube Bleu" de Johann Strauss fils, et le martèlement de "La marche  de Radetzky" de son père, les spectateurs battant alors la mesure en tapant dans leurs mains pendant que Daniel Barenboim se promenait dans l'orchestre, serrant les mains des musiciens.
 
Daniel Barenboïm, la musique pour la paix
Enfant prodige et pianiste de grand talent, Daniel Barenboïm a dirigé les plus grands orchestres du monde, tout en menant de front un engagement actif pour la culture et la paix au Proche-Orient.
 
Le maestro a ainsi créé en 1999, avec son ami Edward Saïd, intellectuel palestinien décédé en 2003, l'orchestre Divan, qui réunit de jeunes Arabes, de Palestine et des pays voisins, et Israéliens de 14 à 25 ans, qui se produit dans le monde entier. Citoyen argentin, palestinien et espagnol, depuis 2002, il a aussi reçu en 2008 un passeport palestinien.
 
Daniel Barenboïm a annoncé en octobre qu'il quitterait son poste de directeur musical de la Scala de Milan au 1er janvier 2015, deux ans avant la date prévue dans son contrat. Selon Stéphane Lissner, surintendant du prestigieux opéra italien, il a d'autres projets, notamment la création d’une académie en forme de conservatoire à Berlin, dans l’esprit de l’orchestre Divan.
 
D’une guerre à l’autre, un travail de mémoire
Le concert du Nouvel An 2014, année du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, était placé sous le signe de la paix, avec la "Valse des lauriers de la paix" de Joseph Strauss.
 
Le 28 juin prochain, le Philharmonique de Vienne se produira aussi à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) pour commémorer l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, considéré comme l'événement ayant déclenché le cataclysme de 1914-1918.
 
Autre travail de mémoire : le concert du Nouvel An avait vu le jour en 1939, quelques mois après l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne nazie (Anschluss), et le Philharmonique a complété désormais son site internet d'une rubrique historique rappelant sans fard les heures sombres de l'orchestre.
 
Le 1er janvier 2015, Zubin Mehta à la baguette
Le 1er janvier 2015, c'est Zubin Mehta qui succèdera à Daniel Barenboim à la baguette du concert du Nouvel An, qu'il dirigera pour la cinquième fois.
 
Le maestro indien âgé de 77 ans entrera ainsi dans le cercle des chefs ayant le plus souvent dirigé ce concert, au côté de Willi Boskovsky, Clemens Krauss et Lorin Maazel.