Daniel Barenboim inaugure à Berlin sa salle Pierre Boulez, dessinée par Frank Gehry

Par @Culturebox
Publié le 05/03/2017 à 17H42
Daniel Barenboim à l'inauguration de la salle Pierre Boulez à Berlin (4 mars 2017)

Daniel Barenboim à l'inauguration de la salle Pierre Boulez à Berlin (4 mars 2017)

© Maurizio Gambarini / DPA / AFP

L'Académie Barenboim-Saïd, qui forme à Berlin des jeunes musiciens du Moyen-Orient, a inauguré samedi la salle Pierre Boulez, enceinte "intime" en forme d'ellipse conçue par l'architecte Frank Gehry pour les formations restreintes.

"Ce sera une maison pour la musique contemporaine", la musique de chambre,  "la musique arabe et iranienne", et "nous aurons aussi des soirées jazz", promet le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim.
 
Le maestro engagé, également citoyen d'honneur palestinien depuis 2008, a fait retentir à 18h locales (17h GMT) les premières notes d'"Initiale", une fanfare de Pierre Boulez pour instruments à vent. Les musiciens du nouvel Ensemble Boulez devaient poursuivre ce concert inaugural avec "Le Pâtre sur le rocher", un lied de Franz Schubert, des oeuvres de Mozart, Alban Berg et Jörg Widmann puis "Incises", une partition de Boulez  pour piano solo.
 
Dessinée gracieusement par la légende américaine de l'architecture Frank Gehry, la salle entièrement modulable peut accueillir jusqu'à 682 spectateurs, tous placés à moins de 14 mètres du chef d'orchestre. Elle a été aménagée au coeur de Berlin dans l'ancien bâtiment où la Staatsoper entreposait ses décors, avec une acoustique conçue, gracieusement  aussi, par la star japonaise Yasuhisa Toyota, également responsable de l'Elbphilharmonie de Hambourg.
La nouvelle salle Pierre Boulez de l'Académie Barenboim-Saïd à Berlin (4 mars 2017)

La nouvelle salle Pierre Boulez de l'Académie Barenboim-Saïd à Berlin (4 mars 2017)

© Maurizio Gambarini / DPA / AFP


Pour une "expérience intime"

A la différence des salles spectaculaires pour orchestre, comme la Philharmonie de Berlin, il s'agit d'accueillir "la musique jouée par un ou deux  musiciens" pour faire de leur écoute une "expérience intime", explique son directeur, le Danois Ole Baekhoj.
 
Lieu de concert aussi bien que de travail, la salle Pierre Boulez se veut  la vitrine de l'Académie Barenboim-Saïd, qui accueille depuis octobre dernier quelque 90 jeunes musiciens du Maghreb et du Proche-Orient, formés à leur art autant qu'à l'histoire, la littérature ou la philosophie.
 
Musicien et citoyen engagé, Daniel Barenboim  poursuit avec cette nouvelle structure l'expérience engagée en 1999 avec le West-Eastern Divan Orchestra, qui réunit des musiciens israéliens et palestiniens et qu'il a fondé avec l'intellectuel palestinien Edward Saïd décédé en 2003.

Barenboim, messager de la paix de l'Onu

Nommé "messager de la paix" des Nations unies en 2007, il avait dirigé un  concert historique à Gaza en 2011, après plusieurs refus des autorités israéliennes de le laisser transiter par le territoire palestinien.
 
Le chef de 74 ans a connu très jeune Pierre Boulez, considéré comme l'un  des plus grands compositeurs du XXe siècle. A sa mort, en janvier 2016, Daniel Barenboim  avait salué "un esprit créatif admirable et un ami proche".
 
L'académie a été construite pour un coût total de 33,7 millions d'euros, les deux tiers financés par le ministère allemand de la Culture et le reste par des financements privés.