Christophe Rousset et les Talens Lyriques ont joué en 2014 à l'Opéra Royal de Versailles deux oeuvres baroques mémorables: les Danaïdes et Amadis.

Danaïdes
Voici l’œuvre qui fit du jour au lendemain passer un inconnu au statut de star de l’Opéra de Paris : au lendemain de la première triomphale des Danaïdes, officiellement signée de Gluck, ce dernier révéla que ce n’était pas lui mais son collègue Salieri qui en était l’auteur.
Une notoriété exceptionnelle s’empara alors de Salieri, qui devint la coqueluche des parisiens (sans avoir eu besoin de tuer Mozart…).
Initialement confié à Gluck, le livret des Danaïdes fut finalement mis en musique par son disciple Salieri qui signa l’une des plus remarquables partitions de la fin du XVIIIe siècle. La théâtralité du propos, l’intensité des sentiments et le lyrisme pathétique des airs justifient pleinement l’admiration de Berlioz pour cet ouvrage. Héritières de la réforme gluckiste, Les Danaïdes annoncent surtout le préromantisme de Méhul et Cherubini, tout en évoquant la grandeur tragique de Racine et de Corneille.
 
Amadis
Après Roland, Persée, Bellérophon, et tout dernièrement Phaëton, Christophe Rousset continue avec Amadis à faire renaître les tragédies lullistes du Grand Siècle.
La partition est l’une des plus abouties que nous ait laissées Lully, un chef d’œuvre du patrimoine français.Tous les ingrédients de la Tragédie lyrique s’y trouvent non seulement équilibrés de façon magnifique, mais aussi extrêmement aboutis, quasiment sublimés.
Ainsi le sujet choisi par Louis XIV en personne, qui délaisse la thématique des antiquités gréco-romaine pour un livret tiré de la célèbre fresque médiévale d’Amadis des Gaule de Montalvo, est une nouveauté absolue dans le répertoire français. Nouveauté aussi, le prologue est en rapport direct avec l’action. Quant aux pages « symphoniques » soutenues par le duo timbales-trompettes, elles méritent toute l’attention, notamment la chaconne finale, la plus belle de l’Opéra français, s’il en est une qu’il faudrait retenir entre toutes. Les airs chargés de sentiments, le fameux « Bois épais », « Tu me trahis malheureux », oscillent constamment entre courage héroïque et tristesse amoureuse. L’œuvre créée en 1684 à Paris, la création à Versailles ayant été repoussée à l’année suivante suite au décès de la reine, resta à l’affiche à Paris comme en province jusqu’en 1772.

Distribution

  • Date 27 novembre 2013
  • Durée 44min
  • Production Camera Lucida
  • Réalisation Christian Leblé
  • Chef d'orchestre Christophe Rousset
  • Orchestre Les Talens lyriques
  • Solistes Judith Van Wanroij - Hypermnestre / Philippe Talbot - Lyncée / Tassis Christoyannis - Danaüs / Katia Velletaz - Plancippe / Thomas Dolié - Pélagus
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