La "Flûte enchantée" version Peter Brook de retour aux Bouffes du Nord, à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/06/2013 à 16H11
Le filage de la production "Une Flûte enchantée" de Mozart, par Peter Brook, en novembre 2010 aux Bouffes du Nord, à Paris.

Le filage de la production "Une Flûte enchantée" de Mozart, par Peter Brook, en novembre 2010 aux Bouffes du Nord, à Paris.

© Raymond Delalande / Sipa

Plus de deux ans après sa création en 2010, la production épurée de Peter Brook de l'illustre opéra de Mozart fait son retour à l'affiche du théâtre des Bouffes du Nord, du 28 juin au 31 juillet.

Le spectacle réintègre les Bouffes du Nord, l'écrin de sa création (Peter Brook a dirigé ce théâtre de 1974 à 2010), après une tournée exceptionnelle en Europe, en Amérique latine, en Asie, et récemment au Maroc.

L'opéra de Mozart vu par Peter Brook, c'est l'absence de flûte de pan et d'imagerie maçonnique, au profit d'un décor de bambous, pas de "première dame", ni de deuxième ou troisième, mais un sorcier africain. Peter Brook, 88 ans, prestigieux metteur en scène anglais, assisté de ses complices Marie-Hélène Estienne et, pour la musique, Franck Krawczyk, ont "librement adapté", selon leur inspiration toute personnelle, le chef-d'oeuvre de Wolfgang "Amadeus" Mozart (1756-1791).

"Objectif : prendre du plaisir"
"L'objectif était de prendre du plaisir. C'est une oeuvre profondément bénéfique, dont on sort pacifié, et on a voulu faire ce cadeau aux spectateurs", a expliqué à l'AFP Marie-Hélène Estienne, qui travaille avec Peter Brook depuis plus de 30 ans. "J'ai réécrit les dialogues dans le but de rendre l'histoire plus fluide, on a pris nos grands ciseaux..." Résultat, longue initialement de plus de deux heures, la "Flûte" est ramenée à une heure et demie.

Si des musicologues ont reproché aux adaptateurs d'avoir gommé les allusions maçonniques de l'oeuvre, le public a plébiscité le spectacle, porté par de jeunes chanteurs qui ont l'âge des rôles, et qui sortent totalement du cadre parfois figé des maisons d'opéra. "Le travail avec Peter est très différent, surtout pour un chanteur d'opéra", explique Marie-Hélène Estienne. "Il s'agit de rentrer en soi-même et de trouver cette détente qui permet d'être ensuite totalement présent, comme sur un fil, avec une grande honnêteté."
Teaser de la production "Une Flûte enchantée" aux Bouffes du Nord (28 juin - 31 juillet 2013)
Un spectacle transformé depuis 2010
Peter Brook et Marie-Hélène Estienne ont l'habitude de suivre leurs spectacles dans la durée, au fil des tournées. La "Flûte" version 2012 aux Bouffes du Nord (28 juin - 31 juillet) n'est plus tout à fait la même, des dialogues ayant été modifiés, l'ouvrage ayant été remis sans cesse sur le métier. Peter Brook aime aussi revenir à d'anciennes pièces, comme ce "Costume" d'après la nouvelle du Sud-Africain Can Themba ("The Suit") repris cette année à quinze ans de distance, et qui tourne en même temps que sa "Flûte" dans le monde entier.

Un documentaire sur Peter Brook
La métaphore du "fil" sur lequel se tient l'acteur, en équilibre entre le but à atteindre et la chute, fait l'objet d'un film, le premier réalisé sur la méthode de travail de Peter Brook. Le metteur en scène, né le 21 mars 1925 à Londres, a accepté de livrer sa part secrète dans ce documentaire signé de son fils Simon (diffusé sur Arte le 3 juillet, et projeté le 12 au Festival d'Avignon). On le voit diriger un atelier, invitant les comédiens à marcher "Sur un fil" ("The tight rope"), à faire le calme en eux pour laisser venir l'inspiration. Très "zen", Peter Brook dégage lui-même une sérénité apaisante. Le mot "joy" (joie, bonheur) revient en boucle. Le but c'est de faire "un théâtre vivant, qui touche les gens et qui ne les lâche plus", confie-t-il à ses jeunes comédiens...

"Une Flûte enchantée"
D'après Wolfgang Mozart, adaptation de Peter Brook, Franck Krawczyk et Marie-Hélène Estienne
Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris
28 juin - 31 juillet 2013
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