A l'Opéra de Paris, Aurélie Dupont se félicite : "Les danseurs sont de nouveau une fratrie"

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/01/2017 à 16H33, publié le 25/01/2017 à 18H06
L'ancienne danseuse étoile Aurélie Dupont est directrice du ballet de l'Opéra national de Paris depuis février 2016.

L'ancienne danseuse étoile Aurélie Dupont est directrice du ballet de l'Opéra national de Paris depuis février 2016.

© Christophe Ena/AP/SIPA

Aurélie Dupont a présenté mercredi la prochaine saison de la danse à l'Opéra national de Paris, aux côtés de Philippe Jordan et Stéphane Lissner. L'ancienne danseuse étoile et actuelle directrice du ballet de l'Opéra, s'est félicitée de la sérénité retrouvée au sein de la troupe, qu'elle dit avoir trouvée mal en point il y a un an.

Esprit de groupe et retour au ballet classique

Lors de la conférence de presse mercredi matin, Aurélie Dupont a mis d’emblée les points sur les "i" : "Quand je suis arrivée, j’ai trouvé les danseurs désappointés, déçus, pas assez solidaires. Un an plus tard, ils sont de nouveau pleins d’ambition, ils composent de nouveau une fratrie. C’est important, cet esprit de groupe, ce sentiment d’être heureux, ensemble". 
Philippe Jordan, Stéphane Lissner et Aurélie Dupont annoncent la saison de l'Opéra 2016/2017

Philippe Jordan, Stéphane Lissner et Aurélie Dupont annoncent la saison de l'Opéra 2016/2017

© Anne Van Aerschot

Un autre axe, et cette fois l’on parle programme : "J’ai tenu à ce que le ballet classique revienne au premier plan. La danse classique est notre héritage. Il ne faut pas l’oublier". Une pierre supplémentaire dans le jardin de Benjamin Millepied qui ne sera cité que comme "chorégraphe de Daphnis et Chloé".

Au programme : Béjart, Pina Bausch, Sasha Waltz

Il y aura une soirée Ravel où l’Opéra, "j’en suis très fière", a obtenu les droits du "Boléro"de Béjart : "Etre sur cette table, c’est une expérience unique, qui vous transforme". Plusieurs danseurs auront cette chance.

Du coup elle enterre l’Académie créée par Millepied pour inciter de jeunes danseurs à faire une chorégraphie : "Je leur ai posé la question. Aucun ne souhaite devenir chorégraphe. J’ai donc choisi de tous les garder… comme danseurs", a expliqué Aurélie Dupont.

"J’ai aussi une responsabilité : plusieurs étoiles vont partir dans les prochaines années. C’est à moi de nommer les nouvelles étoiles, qui continueront de l’être après mon propre départ de ce poste. Je dois bien les choisir. Et celles qui s’en vont l’an prochain, je leur ai laissé choisir dans quel spectacle. Ce sera, pour Marie-Agnès Gillot, l’"Orphée et Eurydice" de Pina Bausch, et pour Hervé Moreau, le "Roméo et Juliette" de Sasha Waltz.

Donner à chaque danseur "le goût du risque"

Le ballet classique, pour Aurélie Dupont, s’appelle "Joyaux" de Balanchine", "La fille mal gardée", "Eugene Oneguine" de John Cranko ou "Don Quichotte" de Noureev. "Une conception assez contemporaine du ballet classique", lui fait remarquer une journaliste. 

"Mais il s’agit, répond-elle, de ne pas brutaliser mes danseurs en faisant par trop le grand écart entre classique et contemporain. Et pour les créations, je dois prendre le temps de donner aux danseurs, à chaque danseur, le goût du risque".  Risque mesuré quand elle demande une création à un homme qu’elle admire, le japonais Saburo Teshigawara.

Mais vrai risque avec le suédois Alexander Ekman, chorégraphe onirique qui, avec "Play" mélangera danse, improvisation et jeu, les danseurs du corps de ballet devenant acteurs, avec du texte. Et ce sera, de plus, le spectacle de fin d'année à Garnier.

Un jeune chorégraphe chaque année

Risque encore, en décidant d'offrir à un jeune chorégraphe, "qui n’osait même pas en rêver, mais bien entendu j’avais vu son travail", la troupe et les moyens de l’Opéra de Paris. Elle renouvellera tous les ans l’expérience. Ce sera, pour commencer, l’Espagnol Ivan Perez, qui semblait effectivement très impressionné mercredi matin mais aussi sur un petit nuage.

Hofesh Shechter, Cherkaoui et James Thierrée

Et puis, 'dans la même soirée, comme j’adore la danse israélienne (et elle a bien raison, pensons-nous), j’ai demandé à Hofesh Shechter, chorégraphe déjà bien connu, mais jamais dansé ici, de reprendre une pièce créée originellement pour six danseuses. Il y en aura neuf dans la nouvelle version, en écho aux dix garçons de la chorégraphie de Perez".

Cette soirée-là (programmée en mai et juin 2018) verra de nouveau les espaces publics de Garnier investis avant le spectacle, cette fois par… l’immense James Thierrée ! Et dans la soirée de gala pour ouvrir la saison le 21 septembre, plusieurs créations dont le "Faune" de Debussy par Sidi Larbi Cherkaoui.

"Je suis très heureuse". Aurélie Dupont, avec un sourire sincère, le répétera plusieurs fois. Tout en sachant très bien ce qu’elle veut. Toujours avec le même sourire.

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