Zebda en concert : le grand retour à Toulouse

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 22/11/2011 à 18H53
Zebda, une tournée et un nouvel album

Zebda, une tournée et un nouvel album

© France 3 - Culturebox

Ils n'auraient manqué ça pour rien au monde. Le 21 novembre, 1500 fans se pressaient devant la scène du Bikini à Toulouse pour assister au concert du Zebda "nouvelle version" à l'occasion du Festival Origines Contrôlées. Après huit ans d'absence, le groupe toulousain reprend l'aventure collective avec une tournée et un sixième album qui sortira en janvier 2012.

C'est long huit ans. Mais c'est le temps qu'il a fallu aux membres de Zebda pour faire leur chemin en solo et "mûrir" loin des autres. Quand les Zebda ont annoncé la fin momentanée de leur aventure en 2003, le groupe existait déjà depuis 1985. A l'époque, Magyd Cherfi n'avait que 23 ans. Pour les besoins d'un film vidéo intitulé "Salah, Malik : Beurs" réalisé par une association de quartier de Toulouse, il cherchait des musiciens pour raconter l'histoire d'un groupe, "les Zebda Bird", qui galère pour trouver un local de répétition. Joël saurin (basse), Pascal Cabero (guitare), Vincent Sauvage (batterie) vont répondre à l'appel. Après le tournage, le groupe continue d'exister et accueille les frères Amokrane, Mustapha et Hakim puis Rémi Sanchez (claviers). Ils se trouvent un répertoire musical mêlant rap, raï, reggae, rock, des textes, engagés, et garde le nom de Zebda : "En verlan, arabe se dit beur. En arabe, beurre se dit zebda". Quatre ans plus tard, en 1989, le groupe fait partie des Découvertes du Printemps de Bourges. "L'arêne des rumeurs", le premier album sortira en 1992 suivi de quatre autres opus marqués par le succès. Et puis en 2003, la pause s'est imposée. Mais comme le confiait Mouss dans une interview à La Dépêche du Midi, "on a toujours dit que ce n'était pas fini. Chaque membre du groupe a toujours eu ça à l'esprit".


Alors qu'ont-ils fait entre-temps les "zozos" de Zebda ? Vincent Sauvage s'est lancé dans le récit de voyage avec "Cent mille bornes" (Ed. Arthaud) où il raconte son périple en famille autour du monde pendant deux ans. De son côté, Pascal Cabero a raconté l'histoire du groupe dans "Tomber la chemise" paru en 2007 aux Editions Danger Public/La Martinière. Quant à Mouss et Hakim, ils ont enregistré deux albums ensemble, suivis d'une tournée. Le bassiste Joël Saurin a aussi profité de ce temps pour prendre des cours d'harmonie et préparer un album en occitan. Il a également participé aux deux albums solo de Magyd Cherfi qui a mis sa plume au service de la littérature. Dès 2004, celui qui était aussi l'auteur de la plupart des textes de Zebda publie un premier essai littéraire, "Livret de famille" suivi  de "La Trempe" en 2007 (tous les deux chez Actes Sud). Cherfi comme les frères Amokrane se sont aussi engagés en politique à l'occasion des élections municipales à Toulouse en 2001.

Chacune des apparitions d'un membre du groupe générait la même question : "Est-ce que Zebda va se reformer ?". Preuve que le groupe occupait une vraie place sur la scène musicale française avec son rock festif et sa parole engagée. Une parole qui revient donc aujourd'hui et qui si l'on en croit les déclarations de Mouss, a bien l'intention de se faire entendre : "Notre combat pour une société plus juste n'a jamais été autant d'actualité" déclarait-il à l'AFP. Même si l'album ne sortira qu'en janvier 2012, le public pourra déjà en avoir un avant-goût dans cette tournée baptisée "Tour de chauffe" qui s'achèvera en avril 2012 avec un crochet par L'Olympia le 9 avril. Soit quelques semaines avant le premier tour des présidentielles. Attention les gars, Zebda is back !