Piers Faccini, Rosemary Standley, Emily Loizeau dialoguent avec le violoncelle

Par @Culturebox
Publié le 28/08/2014 à 11H57
Vincent Segal au violoncelle

Vincent Segal au violoncelle

© Abergel / SIPA

Plusieurs chanteurs ont osé ces temps-ci le dialogue avec le violoncelle, à l'image de Piers Faccini qui publie lundi un album en duo avec le polyvalent Vincent Ségal. C'est aussi avec un violoncelliste qu'Emily Loizeau a récemment revisité son répertoire et que Rosemary Standley, la voix de Moriarty, reprend des airs de tous les horizons avec le joli projet "Birds on a Wire".

Dans les bacs lundi, "Songs Of A Time Lost" est un peu "la bande-son de notre amitié" avec le violoncelliste Vincent Ségal, confie Piers Faccini, chanteur britannique d'origine italienne installé dans les Cévennes d'où il signe depuis 2003 des albums mêlant folk et musiques du monde.
Piers Faccini et Vincent Segal, "Everyday Away From You"
 
Piers Faccini : le violoncelle est accompagné de couleurs inouïes
 
Pas de pistes rejouées en studio, pas de machines, ce disque résume avec une voix, une guitare et un violoncelle ce que les deux artistes, amis depuis les années 80, jouent ensemble depuis 25 ans. On y entend des complaintes hors du temps puisées aux racines du blues et du folk (Mississipi John Hurt, Townes Van Zandt), du créole (Alain Péters), des airs napolitains traditionnels et une poignée de compositions originales, dont deux nouveaux titres écrits pour cet album.
 
L'ambiance apaisée et atemporelle doit beaucoup aux affinités des deux artistes, régulièrement ensemble sur scène, mais aussi aux mille nuances que peut prendre le violoncelle sous les doigts de Vincent Ségal, moitié du duo Bumcello et collaborateur recherché, entendu chez - M -, Dick Annegard, Sting et bien d'autres.
 
"Un tel instrument joué par un maître, c'est extraordinaire. Dans les mains de quelqu'un comme Vincent Ségal, le violoncelle est accompagné de couleurs inouïes", dit Piers Faccini.
 
Vincent Ségal : dans le violoncelle, "il y a un côté écolo" et "la polyvalence d'un outil informatique"
 
Pour Vincent Ségal, la force première du violoncelle est son infinie  palette : "Je peux jouer comme un guitariste, sans archet, mais aussi avec l'archet en complément de la voix humaine et ainsi mettre une couleur, un peu comme avec des synthétiseurs."

"Il y a un côté écolo, c'est un instrument ancien, en bois, qui n'a pas besoin d'électricité. Mais en même temps, il y a la polyvalence d'un outil informatique : tu peux faire cinquante choses différentes avec un seul instrument. Si tu prends seulement un violoncelliste en tournée, tu fais plus de choses que si tu pars seulement avec un batteur ou un guitariste", estime  le musicien.
Emily Loizeau et Olivier Koundouno, "L'Autre bout du monde"
 
Emily Loizeau avec Olivier Koundouno : "Quelque chose de très charnel"
 
De cet instrument, c'est le "côté organique" que recherchait Emily Loizeau pour "Revisited Piano Cello Sessions", récent best-of enregistré en duo avec le violoncelliste Olivier Koundouno.
 
"Il y a quelque chose qui me touche profondément dans ce son-là, quelque chose de très charnel", décrit la chanteuse pour qui ce projet "intimiste" est aussi né de "l'envie de poursuivre une discussion" entamée il y a dix ans avec ce musicien.
 
Une façon aussi de faire tomber quelques murs entre musique pop et classique pour cette pianiste, ex-élève du conservatoire, qu'on pourra voir ces prochains mois continuer à tourner avec ce projet tout en rendant hommage, entre-temps, à Lou Reed lors d'un concert en septembre au 104, à Paris.
Rosemary Standley et Dom La Nena - "Birds On a Wire"
 
Rosemary Standley et Dom la Nena : "Un instrument dans le même registre que la voix"
 
Autre duo, autres couleurs pour Rosemary Standley avec la violoncelliste et chanteuse brésilienne Dom la Nena, sur l'album "Birds on the Wire, mêlant reprises contemporaines (John Lennon, Leonard Cohen) et musiques du monde, en brésilien, espagnol ou réunionnais.
 
"J'avais envie d'essayer parce que c'est un instrument qui est dans le même registre que la voix, du coup cela offre des possibilités d'harmonies vocales intéressantes", explique la chanteuse du groupe folk Moriarty, qui précise "beaucoup écouter"  de violoncelle mais aussi de viole de gambe.
 
Dans la foulée du bel album-livre paru au printemps, les deux artistes ont encore une vingtaine de dates prévues en octobre et un passage en conclusion à Paris, le 3 novembre au Trianon.