Eurovision 2016 : du suspense, de la politique, du kitch... et de l'autodérision

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/05/2016 à 16H00, publié le 15/05/2016 à 15H57
Pendant la soirée de l'Eurovision 2016...

Pendant la soirée de l'Eurovision 2016...

© Martin Meissner/AP/SIPA

Plus de trois heures de show, de musique et de télévision, avec des hauts et des bas : retour sur quelques-uns des moments que l'on retiendra de l'Eurovision 2016 à Stockholm.

. Un finale haletant
La traditionnelle litanie des "12 points" attribués par l'Islande, la Géorgie ou Saint-Marin a été maintenue, mais pour la première fois l'Eurovision a préservé le suspense jusqu'à la fin. Car après l'annonce du vote des jurys professionnels, dont l'Australie sortait largement en tête, celui des téléspectateurs a rebattu les cartes, laissant la soirée se terminer sur un duel Russie-Ukraine. Tant mieux pour le spectacle.

. Le tatare de Crimée
Ce n'est pas souvent que l'on entend cette langue classée comme "sérieusement en danger" par l'Unesco. L'Ukrainienne Jamala, habitée par son sujet, l'a fait résonner dans des dizaines de millions de foyers à travers le monde avec sa chanson "1944", conclue en larmes, et gagnante au bout de la nuit. La dimension politique, historique de la chanson a ajouté de la tension à l'interprétation.
   
 . Des shows spectaculaires
Deuxième, l'Australienne Dami Im a montré que l'Eurovision, c'était parfois aussi de grandes voix. Le Russe Sergueï Lazarev a réussi un numéro complexe, en grimpant le long d'un mur.
La Bulgare Poli Genova en a mis plein les yeux aux téléspectateurs avec son jeu de lumières. Malgré une réalisation surannée en "split screen", le crescendo des Géorgiens Nika Kocharov and Young Georgian Lolitaz aura plu aux amateurs de rock, sauf qu'ils sont rares à l'Eurovision.

. Auto-dérision : "Love Love Peace Peace"
Quand l'Eurovision sait rire de ses propres travers. De quels ingrédients a besoin une chanson pour tiompher à l'Eurovision ? Le titre parodique chanté par les présentateurs suédois, Petra Meda et Mån Zelmerlöw, a fait mouche en moquant les extravagances du concours. Elle a fait revoir aux nostalgiques les monstres finlandais de Lordi (2006), les babouchkas russes (2012) ou le décolleté de la Polonaise battant le beurre (2014).
   
. L'inévitable kitsch
Les tenues moulantes des chanteuses azerbaïdjanaise (en dentelle), qui a connu un accroc lors des répétitions, et arménienne (un justaucorps pailleté),  le trio de choristes hongrois bondissants, l'arbuste brandi par la candidate  italienne, le candidat polonais qui demande "De quelle couleur est ta vie?" en arborant lui-même un rouge et noir un peu inquiétant, les rockeurs chypriotes  en cage, la chorégraphie serbe pour repousser un danseur lascif, le manteau de  cuir blanc lituanien... Le bon goût a encore souffert à l'Eurovision.
   
. Absence du nu tant attendu...
Bien qu'éliminé en demi-finale, le Bélarusse Ivan a fait parler de lui en voulant initialement chanter nu, avec un loup sur scène. Le règlement interdit les deux. Mais, miracle de la technologie, il a pu le faire : en hologramme,  pendant 18 petites secondes, avant de se rhabiller.

. Justin Timberlake aurait pu concourir
Justin Timberlake était la guest star tant attendue qu'il a été question de lui dans la soirée autant que des concurrents au concours. Son moment est arrivé après les prestations nationales : en véritable showman, il a chanté un de ses tubes, "Rock Your Body", puis pour la  première fois son nouveau single "Can't Stop the Feeling", air euphorique qui aurait lui aussi eu toutes ses chances au concours.