Universal met la main sur EMI avec l'aval de Bruxelles

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 21/09/2012 à 19H23
Le logo de Universal sur la façade de son immeuble à Berlin.

Le logo de Universal sur la façade de son immeuble à Berlin.

© Rene Spalek / Bildeberg / AFP

La Commission européenne a autorisé vendredi la fusion entre EMI Music et Universal, deux des quatre majors de l'industrie musicale, en échange de cessions de plusieurs labels musicaux dont Parlophone. Après l'absorption d'EMI par Universal, il ne restera plus que trois grands groupes de musique dans le monde : Universal, Sony et Warner.

Cette fusion était un dossier sensible pour Bruxelles, chargé de réguler la concurrence en Europe. "Ce fut une des plus difficiles négociations que j'ai eu à mener", a admis vendredi le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, avant de saluer "une issue positive".

Universal s'est engagé à se séparer de certains labels
Au terme d'une enquête approfondie, Bruxelles a autorisé le rachat d'EMI par Universal Music - filiale du groupe français Vivendi - à condition que ce dernier cède une grosse partie des labels musicaux et des droits de EMI afin de maintenir la concurrence. 

Universal s'est engagé à céder EMI Recording Limited, qui possède le label Parlophone, la maison de disques de Coldplay, Kylie Minogue, Pink Floyd, David Bowie ou encore Tina Turner.
Il a également accepté de se séparer d'EMI France (propriétaire du catalogue de David Guetta), des labels de musique classique d'EMI, de Chrysalis (la maison de disques de Depeche Mode et de Moby) et de plusieurs autres labels. En revanche, le groupe né du rapprochement EMI/Universal conservera dans son escarcelle le précieux catalogue des Beatles.

Ces cessions correspondent à deux tiers du chiffre d'affaires d'EMI en Europe. Au bout du compte, la part de marché de la nouvelle entité sera de 37% sur le Vieux continent.

Les indépendants dénoncent un "duopole"
Malgré ces précautions, le feu vert de Bruxelles a suscité la colère des producteurs indépendants réunis au sein de l'association Impala. "Cette décision renforce une situation de duopole (après le feu vert de Bruxelles à la fusion de Sony/EMI donné en avril). Allant à l'encontre des principes élémentaires de concurrence, les artistes et les consommateurs vont au final payer le prix" de cette fusion, a réagi Impala dans un communiqué.

Le commissaire européen José Almunia estime pour sa part que "les engagements (de cession) très importants proposés par Universal permettront de maintenir la concurrence dans le secteur de la musique et les consommateurs européens pourront ainsi continuer à bénéficier de tous ces avantages".