Une Techno Parade sur un trajet réduit et sous haute sécurité cet après-midi

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/09/2016 à 10H53, publié le 22/09/2016 à 15H53
La Techno Parade 2015 à Paris (19 septembre 2016)

La Techno Parade 2015 à Paris (19 septembre 2016)

© Citizenside / Samuel Boivin / AFP

La Techno Parade, vitrine annuelle des musiques électroniques, donne rendez-vous samedi aux Parisiens mais elle a lieu cette année sur un parcours réduit et est entourée d'un dispositif policier renforcé, dans un contexte général de menace d'attentats.

Constitué de dix chars bariolés et de leurs "sound systems", le grand serpentin musical, suivi par 350.000 aficionados et curieux l'an dernier selon les organisateurs, se déroule samedi sur 2 km seulement contre 5 habituellement.
 
Il part vers 15h du Louvre (quai François-Mitterrand) et doit arriver sur la place de la Bastille vers 19h, en passant notamment par les quais du Louvre, de la Mégisserie, des Célestins, le pont de Sully, le boulevard Henri IV. Les chars prennent position dès 12h pour un clubbing statique, jusqu'au départ.

Des agents de sécurité en renfort de la police

"Un dispositif de sécurité lourd avec pré-filtrage et des circulations coupées sera mis en place", indique la Préfecture de police qui a eu plusieurs réunions avec Technopol, l'association pour la reconnaissance des  musiques électroniques. Cette association a créé la Techno Parade en 1998 sur  le modèle de la "Love Parade" de Berlin pour lutter contre la diabolisation des musiques techno.
 
"En état d'urgence, la menace est réelle, on le comprend bien, mais l'état d'urgence ne doit pas être un prétexte pour tout annuler, il faut continuer à vivre et à s'amuser ! La Préfecture l'a souhaité comme nous, et nous a accompagnés parfaitement afin que la Techno Parade ait lieu", se félicite Tommy Vaudecrane, président de Technopol.
 
"Nous avons recruté des agents de sécurité supplémentaires sur l'événement. La police nationale sécurise le public avec des moyens renforcés tout le long du parcours. Des rues seront barrées avec des filtrages et des fouilles. Il  faut éviter de venir avec des sacs !", a ajouté Tommy Vaudecrane.

Les Pays-Bas, la Tunisie et la Bretagne en vedettes

Sur le plan musical, la Techno Parade 2016 de belles surprises avec les Pays-Bas et la Tunisie en pôle position, une soixantaine de Djs dont Phil Paxton, Michael Canitrot, Antoine Clamaran et Promo, l'un des pionniers de la techno hardcore en Europe.
 
Pour sa troisième participation, la Bretagne débarque avec une dizaine de Djs qui se relaieront, dont Bob Maxwell et Ganez The Terrible. Au programme de leur char : des sons house, electro, trance, acid et hard techno.

Le combat des musiques électroniques n'est pas terminé

Selon Technopol, "il y a encore beaucoup à faire pour faire accepter les cultures électroniques au niveau national et disposer du même traitement que les autres musiques, sans discriminations ni annulations de fêtes".
 
"Il faut libérer les organisateurs de fêtes techno des pressions des institutions auxquelles ils sont soumis, avec des obstacles administratifs comme des interdictions de dernière minute. Organiser une fête techno reste très compliqué, même si les difficultés semblent s'assouplir", estime Tommy  Vaudecrane.

Les 18-34 ans écoutent presque autant de musiques électroniques que de hip-hop

"La première urgence est de faire accepter la musique électroniques dans les quotas de diffusion à la radio. Actuellement, la production française protégée ne concerne que la musique avec paroles. C'est un peu aberrant !",  ajoute le président de Technopol.
 
En France, seule FG DJ Radio, radio pionnière de l'électro, diffuse intégralement de la techno depuis ses débuts.
 
"Selon la dernière enquête ministérielle sur les pratiques culturelles, les musiques électroniques sont à quasi-égalité avec le hip-hop, musique la plus écoutée chez les 18-34 ans", rappelle Tommy Vaudecrane.
 
L'an dernier, en marge de la Techno Parade, et quelques minutes après la  fin de la manifestation et la dispersion des chars, un jeune homme de 21 ans s'est tué en tombant du haut de la statue de la République qu'il escaladait, encouragé par plusieurs personnes dans la foule, à mains nues.