Une pétition contre la venue d'Asaf Avidan, Yael Naïm et Mayumana à Roubaix

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/09/2014 à 17H54, publié le 19/09/2014 à 17H52
Asaf Avidan au concert de soutien à Haïti à Beverly Hills, le 11 janvier 2014

Asaf Avidan au concert de soutien à Haïti à Beverly Hills, le 11 janvier 2014

© JONATHAN LEIBSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Selon le quotidien Nord-Eclair, deux collectifs pro-palestiniens affirment avoir réuni près de 2000 signatures pour réclamer la déprogrammation d’Asaf Avidan, Yael Naïm et Mayumana Momentum qui doivent se produire prochainement à Roubaix. La mairie, de son côté, redoute que ce boycott nuise à la réputation de la ville.

Peu connus jusque là, le "collectif d’habitants roubaisiens" et le "collectif pour la justice en Palestine" s'insurgent contre la venue d'Asaf Avidan le dimanche 21 septembre au Colisée, de Yaël Naïm le 3 octobre à la Cave aux Poètes et de Mayumana Momentum au Colisée en janvier 2015.

Interrogé par Nord-Eclair, Abdelkader Bergoug, porte-parole de cet appel au boycott explique que "si beaucoup d’artistes sont boycottés, cela fera peut-être réagir Israël. On agit avec nos petits moyens !". Et quand le quotidien nordiste lui fait remarquer qu'Asaf Avidan a souvent pris ses distances avec la politique israëlienne, il répond : "C’est leur nationalité qui est en cause, on ne va pas commencer à se poser des questions sur ce que pensent ces artistes".

Les collectifs envisagent de manifester devant les salles de spectacle le soir où elles accueilleront les artistes israëliens. "Accepter que des artistes israéliens se produisent, c’est normaliser les agissements de l’État d’Israël. C’est encourager ses crimes ! C’est accepter qu’on puisse de nouveau bombarder Gaza. Cela choque peut-être, mais on ne se posait pas la question pour l’Apartheid en Afrique du Sud", déclare Abelkader Bergoug, à Nord-Eclair.

Du côté de la mairie, on estime une déprogrammation des artistes inacceptable. "Leur nationalité n’est pas une opinion, justifie le maire adjoint Frédéric Minard (UDI). Ils n’ont pas d’activité politique connue. Ils ne sont pas des artistes engagés. Pour moi, cette pétition va à l’encontre de la longue tradition qui existe à Roubaix, consistant à faire vivre ensemble des gens d’opinions, de religions, de nationalités différentes."

Jointe par Nord-Eclair, Yaël Naïm lance, elle, un appel au dialogue. "Je crois que la solution viendra de là. J’ai soif de dialogue avec les Palestiniens, pour tenter de faire en sorte que chacun se comprenne."