Un millier d'artistes s'engagent contre YouTube et les sites de vidéos

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/06/2016 à 16H41, publié le 30/06/2016 à 16H36
Paul McCartney en concert à Madrid, le 2 juin 2016

Paul McCartney en concert à Madrid, le 2 juin 2016

© CORDON PRESS/SIPA

David Guetta, Paul McCartney, Michel Sardou, Sting ou encore Elton John ont appelé, dans un courrier adressé à la Commission européenne, à réviser le statut juridique de plateformes vidéo comme YouTube. Les signataires accusent ces plateformes d'abuser de leur position d'"hébergeurs" pour ne pas rétribuer suffisamment les créateurs de musique.

Dans une lettre, adressée ce jeudi 30 mai au président de la Commission européenne, Claude Juncker, un millier d'artistes se sont plaints des plateformes de vidéos comme YouTube. "L'avenir de l'industrie musicale, est menacé par un sérieux transfert de valeur causé par les services d'hébergement de contenus comme YouTube qui détournent la valeur créée par les artistes et les chanteurs de façon déloyale", écrivent-ils.

Parmi le millier de signataires figurent notamment Sam Smith, David Guetta, Paul McCartney, Elton John, Lady Gaga, Ed Sheeran, Coldplay ou encore Sting ou Robert Plant (Led Zeppelin). De nombreux chanteurs français figurent aussi dans la liste: Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, Patricia Kaas, Carla Bruni, Indochine, Brigitte, Miossec, Kendji Girac, Louane, Maître Gims, Michel Sardou ou Maxime Le Forestier.

Une diffusion vidéo rapporterait trois fois moins aux producteurs qu'une diffusion audio

Selon les calculs du Snep, le principal syndicat des producteurs de disques en France, un stream vidéo rapporterait environ trois fois moins aux producteurs qu'un stream audio gratuit sur un site de type Deezer ou Spotify et cinquante fois moins qu'un stream audio payant, via les abonnements aux sites de streaming.

Les artistes signataires estiment que les discussions à venir au niveau européen sur le droit d'auteur sont l'occasion de "corriger cette importante distorsion économique" en clarifiant le statut juridique des plateformes accusées d'abuser de leur statut d'"hébergeurs" qui leur évite d'avoir à négocier des droits de diffusion comme le font les sites de streaming. S'il n'y a pas à proprement parler de négociation de licence, YouTube conclut néanmoins des accords avec les producteurs mais à des "prix artificiellement bas", selon le Snep.

YouTube réplique en déclarant verser 3 milliards de dollars à l'industrie musicale

Dans une déclaration au magazine spécialisé américain Billboard, YouTube a récemment souligné qu'une "très écrasante majorité de labels a signé des accords avec YouTube pour permettre la diffusion de vidéos et en tirer des revenus". "A ce jour, nous avons reversé plus de 3 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d'euros, à l'industrie musicale, et le chiffre augmente d'année en année", avait ajouté la plateforme de Google dans cette déclaration.