"The Early Years" de Pink Floyd, un coffret pour collectionneur qui n'a pas de prix

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Publié le 09/12/2016 à 12H52
Pink Floyd en 1968

Pink Floyd en 1968

© Storm Thorgerson

Voilà une belle idée de cadeau sous le sapin. Pink Floyd vient de sortir un coffret de 27 disques intitulé "The Early Years 1965-1972". Comme son nom le laisse entendre, il propose de revisiter l'oeuvre du groupe à ses débuts au travers de CD, DVD et Blu-ray riches de titres et d'images inédits. Un objet qui n'a pas de prix ou presque pour les collectionneurs : 524€.

On ne saura jamais ce que Roger Waters, Nick Mason et Richard Wright auraient apporté à l'architecture; mais plus de 50 ans après qu'ils ont abandonné leurs études à la Regent Street of Polytechnics on sait ce qu'ils ont apporté à la musique avec Pink Floyd. Et ce coffret qui nous replonge dans leurs premières années de création en est un témoignage formidable.

Un coffret que l'on approche avec des yeux émerveillés à l'avance, par les trésors qu'il contient sous son apparence d'un noir élégant et sobre.

coffret pink floyd © DR
On soulève le couvercle. Il laisse apparaître un bloc de 7 volumes reliés façon livre comprenant chacun 1 ou 2 CD, un DVD et un Blu-Ray. Des volumes enrichis d'une pochette contenant des tickets de concert, des partitions... Et puis, en secouant la boîte on sent qu'il y a encore quelques trésors cachés. Un double fond nous révèle des 45 tours vinyles, des affiches. Tout est là pour nous replonger dans une époque d'une grande richesse créative.

Et c'est l'intérêt de ce coffret : nous faire vivre l'évolution de ce groupe de légende en nous faisant voir et entendre des premiers singles façon pop, comme "Arnold Layne", aux prémisses du "Dark Side of The Moon" de tous les records.

A chaque volume son lot de pépites.

Exemple
Le premier : 1965-1967 Cambridge st/ation fait évidemment la part belle au génie de Syd Barett avant sa descente aux enfers. L'occasion d'entendre deux inédits "Vegetable Man" et "In The Beechwoods" et de voir l'ange Barett sur la pellicule.
En mode film amateur pour le premier DVD qui s'ouvre sur des images de Syd Barett en train d'escalader les rochers des Gog Magog Hills en jean, chemise blanche et veste. Syd Barett si magnétique dans les extraits de concerts ("Intersetllar Overdrive"au Blarney Club de Londres en 67), dans le clip d'"Arnold Layne" sur la plage de Wittering. Une chanson composée par Syd dont on retrouve la partition glissée dans une pochette de ce 1er volume.

1969 Dramatis/ation
On les voit en répétition au Royal Festival Hall en noir et blanc


1970 : Devi/ation
Une année que Pink Floyd a marqué de son empreinte sonore pour deux raisons : d'abord en illustrant ( avec 3 chansons) la vision alternative de la société américaine d'un certain Michelangelo Antonioni dans "Zabriskie Point". Mais les Floyd avaient composé quatre titres supplémentaires apparus sur le CD de la Bande Originale en 1997. Le coffret est l'occasion d'entendre pour la première fois sur un disque de Pink Floyd les versions remixées et remises à jour du matériel audio de ‘Zabriskie Point’.

Ensuite c'est en cette année 70 que sort "Atom Heart Mother". Le 5e opus du groupe lui fait franchir un palier auprès du public. C'est la première fois qu'un album du groupe est classé numéro 1 en Anglettere. Il sera vendu à près d'un million d'exemplaires en France. Beaucoup, dont votre serviteur, découvriront en concert ce qui se cache derrière Lulubelle III, la plus célèbre vache de l'histoire de la musique qui occupe la pochette de l'album.

Et pour nous Français, le DVD de ce volume va titiller encore un plus la nostalgie en offrant notamment une version d'"Atom Heart Mother" et de "Green Is The Colour" enregistrées au Festival de Saint-Tropez pour l'émission de Patrice Blanc Francard  "Pop 2".
 


1971 Reverber/ation
La carrière de Pink Floyd a connu de nombreux tournants. L'annnée 71 porteuse de "Meddle", avec le légendaire "Echoes" qui tient toute une face du 33T en est une. En réécoutant "Echoes" enregistré dans une BBC Session le 30 septembre 1971 on entend se dessiner "The dark Side of the Moon", comme en témoigne ce work in progress d'Echoes   "Nothing part 14".
 

 

1972 Obfusc/ation
Le volume de 1972 nous offre de redécouvrir un "Obscured By Clouds" remixé, toujours aussi envoûtant. Un album enregistré dans le studio du château d'Hérouville en février. Qu'est ce qui a poussé les Floyd à venir en ces lieux? Interviewé, Gilmour est en train de répondre quand Waters, un brin facétieux, lui souffle que c'est pour les "Income Taxes", les impôts plus avantageux chez nous !!!

Le DVD nous fait revivre aussi un grand moment de la carrière du groupe filmé par les actualités régionales : le ballet concert "A corps perdus" donné à Marseille avec la compagnie de Roland Petit le 22 novembre 72. Le chorégraphe interrogé dit la chance de danser sur une partition musicale enthousiasmante rassemblant Ummagumma, Atom Heart Mother et Meddle entre autres. Une oeuvre qui, il le reconnaît en interview, a fait définitivement aimer la danse à David Gilmour.
 

 

1967-1972 Continu/ation
C'est le cadeau bonus du coffret riche des premières sessions pour la BBC en 1967. Riche aussi d'un moment d'histoire. Le 20 juillet 1969 Neil Armstrong était le premier homme à poser le pied sur la lune. ce jour là, les Pink Floyd étaient dans les studios de la BBC. Ils étaient associés à la couverture live de l'événement aux côtés de scientifiques et d'autres artistes comme The Dudley Moore Trio, Marion Montgomery et David Bowie. Le titre "Moonhead" improvisé en direct nous replonge dans ce moment si particulier.

Les 2 DVD et Blu-Ray nous offrent les perles "More", The Comittee" et "La Vallée" dans leur intégralité. L'occasion de revoir Mimsy Farmer ou Bulle Ogier dans l'ambiance créée par le Floyd.

Bien sûr le prix du coffret 524€ place l'objet hors de portée de nombreuses bourses. Mais les fans de la première heure, ceux qui considèrent qu'il couvre la période authentique peut-être la plus riche en terme de créativité du Floyd, y trouveront si besoin est, la confirmation de leurs arguments. 

Pour ceux qui ne connaissent que le Pink Floyd de "Money" ou de "The Wall", autres monuments incontournables du groupe, ils comprendront avec cet objet rare, ce qui a fait entrer les étudiants en architecture dans la légende... de la musique.